Agence de Presse de l'Amérique Latine

Des ex-guérilleros demandent pardon pour des enlèvements en Colombie

Bogota, 24 juin (Prensa Latina) Des anciens commandants des anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP), desquelles est issu le parti politique Comunes, ont demandé pardon pour les enlèvements commis par les guérilleros durant la guerre. 

Lors d’une rencontre face-à-face avec les victimes de cette pratique, la première depuis la signature de l’Accord de paix en 2016, le président de Comunes, Rodrigo Londoño, a déclaré qu’ils assumaient leurs responsabilités et espéraient pouvoir guérir les blessures causées.

D’une seule voix, les signataires de l’Accord de paix, nous avons demandé avec humilité que nous soyons pardonnés pour les souffrances que nous avons infligées en tant que FARC-EP par la regrettable pratique de l’enlèvement, a souligné Londoño, connu durant la guerre sous le nom de Timochenko.

Lors de la rencontre tenue au Théâtre Libre de Chapinero, dans cette capitale, était également présente l’ancienne candidate présidentielle Íngrid Betancourt qui a été enlevée en 2002 et libérée le 2 juillet 2008.

Dans sa contribution à l’éclaircissement de la vérité, elle a souligné que la réconciliation est une parole qui pèse beaucoup et que le chemin qui y mène passe par une recherche de rédemption de la part des agresseurs.

'Un jour, nous devrons pleurer ensemble pour la souffrance que vous nous avez infligée, à nous et à nos familles, et pour la souffrance de la Colombie que nous voyons aujourd’hui chez les enfants dans les rues', a déclaré Betancourt.

La Commission de la vérité, qui a organisé la rencontre, considère qu’en permettant un moment public avec les témoignages des victimes et la reconnaissance des responsabilités de ceux qui ont participé directement à ces faits, la société peut réfléchir sur son engagement dans la construction de scénarios pour la non-répétition de ces événements.

Après avoir écouté les deux parties, François De Roux, prêtre jésuite président de la Commission de la vérité, a demandé que la mémoire n’incite pas à la vengeance, mais qu’elle soit une grande mémoire qui aide à comprendre la tragédie.

Il a ajouté qu’il faut transformer la mémoire, la garder vivante, avec toute sa douleur, parce que c’est ce qui fait penser que l’intolérable ne doit jamais se reproduire.

Étaient également présents les anciens commandants des FARC-EP Pastor Álape et Carlos Antonio Lozada, entre autres signataires de la paix, ainsi que des victimes d’enlèvement et des membres de leur famille.

Les FARC-EP et le gouvernement de Juan Manuel Santos, au nom de l’État, ont signé en 2016 l’Accord de paix qui a mis fin au conflit armé le plus long  d’Amérique latine.

Depuis lors, nombreux sont ceux qui cherchent à faire la lumière sur ce qui s’est passé pendant la guerre pour que de tels actes ne se répètent.

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