Agence de Presse de l'Amérique Latine

Biden oublie le blocus des États-Unis en parlant de Cuba

La Havane, 13 juillet (Prensa Latina) Le président Joe Biden a oublié aujourd’hui que le blocus des États-Unis est la cause principale des souffrances économiques endurées par le peuple cubain pendant des décennies.

Il est regrettable que le président commette cet impair, lui qui avait promis, alors qu’il était candidat à la présidence du Parti démocrate, de changer de politique à l’égard de Cuba.

Une déclaration au sujet des incidents qui se sont produits ce dimanche sur l’île, et encouragés depuis l’étranger via les réseaux sociaux, reprend quelques termes utilisés dans les campagnes contre l’île pour discréditer son gouvernement, décourager la population et créer le chaos.

Biden a dit qu’il fallait "soulager les griffes tragiques de la pandémie", mais il a négligé un élément essentiel : il est urgent que son gouvernement lève le siège économique, financier et commercial pour que Cuba puisse accéder aux marchés et obtenir des ressources.

Il reproche la situation actuelle au "régime autoritaire de Cuba", mais il oublie une fois de plus que le projet social qui se construit dans la plus grande des Antilles a été soutenu par plus de 86 % de sa population lors d’un référendum, ce qui cautionne le libre choix de son avenir.

L’occupant du bureau ovale appelle à répondre ici aux besoins du peuple en ce "moment vital" : et la réponse n’est-elle pas de développer ses propres vaccins pour immuniser toute la population face à la réalité qu’il serait difficile, en raison du blocus, de les acquérir sur le marché international ?

La réponse n’est-elle pas de lutter contre les obstacles de la persécution financière et commerciale des États-Unis pour essayer de ne pas laisser la majorité de la population sans protection et abandonnée à son sort?

Comme l’a exprimé l’activiste nord-américaine Medea Benjamin, le blocus est la cause fondamentale des carences qui affectent le peuple cubain.

Quand la Covid-19 provoque un cri mondial de solidarité et de coopération, le gouvernement des États-Unis maintient une politique qui tente d’étrangler l’économie cubaine, a averti Benjamin, cofondatrice de l’organisation pacifiste Code Pink (Code Rose) dans des déclarations par Internet à Prensa Latina.

Pour elle, il est criminel que le président Biden maintienne les sanctions cruelles contre Cuba alors qu’il pourrait, d’un coup de plume, lever toutes les mesures coercitives imposées par Donald Trump (2017-2021).

Cependant, a-t-elle ajouté, il privilégie des calculs politiques grossiers qui ont trait à l’agenda interne au bien-être de 11 millions de Cubains.

Près de six mois après son arrivée à la Maison Blanche, le mandataire démocrate ne donne toujours aucun signe d’un changement de politique promis envers Cuba et, au contraire, il maintient en vigueur les 243 mesures coercitives imposées par Trump, qui ont conduit le blocus à l’extrême.

Des analystes suggèrent que Biden est sur le pilote automatique que son prédécesseur républicain a laissé, car il n’y a pas eu de changement dans la politique bilatérale et ils alertent que de janvier à ce jour des dispositions ont été prises qui confirment cette ligne dure de Trump : comme l’inscription au Registre fédéral d’un pays non terroriste sur la liste des pays parrainant ce fléau.

L’administration Biden a également confirmé dans un nouveau rapport publié en mai la décision frauduleuse de Trump d’inscrire Cuba sur une liste de pays qui ne coopèrent pas dans la lutte contre le terrorisme et l’a en outre inscrit dans une autre liste unilatérale sur la traite des personnes.

Le texte infâme du rapport accuse injustement Cuba de traite des êtres humains et cherche à déformer la véritable nature des programmes de coopération en matière de santé de l’île, estiment des sources diplomatiques.

Les menaces spécifiques et les recommandations trompeuses adressées une par une aux nations qui ont des accords de coopération avec Cuba n’ont pas non plus manqué .

En outre, le 25 juin, les États-Unis ont libéré le terroriste Eduardo Arocena, ayant assassiné de sang-froid le diplomate cubain Félix Garcia, le 11 septembre 1980, dans les rues de New York.

De fait, parmi ses actes criminels commis contre Cuba figure également la provocation de l’épidémie de dengue hémorragique qui a éclaté à la fin du mois de mai 1981 et qui a touché plus de 344 200 personnes, causant la mort de 158 personnes, dont 101 enfants.

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