Agence de Presse de l'Amérique Latine

Un ancien diplomate qualifie le retrait de la nationalité équatorienne à Assange d’acte de mauvaise foi

Par Néstor Marin

Londres, 29 juillet (Prensa Latina) L’ex-consul de l’Équateur au Royaume-Uni Fidel Narváez a qualifié aujourd’hui d’acte de mauvaise foi la décision du gouvernement de son pays de retirer la nationalité équatorienne au fondateur de WikiLeaks Julian Assange. 

D’une manière grossière, après deux ans, on procède uniquement au retrait de la nationalité (d’Assange) pour poursuivre une persécution à laquelle les autorités judiciaires (équatoriennes) se sont également pliées, a assuré à Prensa Latina l’ancien diplomate du pays sud-américain.

Selon Narváez, le gouvernement et la justice équatorienne ont agi de mauvaise foi parce qu’ils ont ignoré le cadre de la législation internationale relative à la naturalisation, et n’ont même pas permis à Assange de comparaître devant le tribunal.

L’octroi de la nationalité équatorienne à Julian Assange en 2017 a été une action humanitaire et de protection, conformément à la Convention de Genève relative au statut des réfugiés qui fait obligation aux États de faciliter autant que possible l’assimilation et la naturalisation des personnes bénéficiant d’une protection internationale, a-t-il ajouté.

Le Tribunal de contentieux administratif de l’Équateur a officialisé cette semaine l’annulation de la citoyenneté de ce pays au journaliste australien en réponse à une demande faite l’année dernière par le Ministère des Affaires étrangères sur la base d’allégations d’irrégularités commises au cours de la procédure.

Le fondateur de WikiLeaks est enfermé dans une prison de haute sécurité du Royaume-Uni depuis avril 2019, lorsque le président équatorien de l’époque, Lenin Moreno, lui a retiré l’asile diplomatique accordé sept ans plus tôt, et a permis à la police britannique d’entrer dans l’ambassade de son pays à Londres pour l’arrêter.

A cet égard, Narváez a noté qu’aucun pays n’a violé de manière aussi vile le principe international de 'non-restitution' qui constitue, a-t-il assuré, la base de l’asile.

Il s’agit également d’une honte historique pour mon pays, parce que la constitution de l’Équateur interdit l’extradition d’un Équatorien, et Assange jouissait de cette condition lorsqu’il a été remis de force à une puissance étrangère, a-t-il condamné.

Assange s’était réfugié dans la légation diplomatique équatorienne en 2012 pour éviter d’être extradé vers les États-Unis, qui veulent le juger pour avoir publié des archives secrètes qui ont révélé des crimes de guerre commis par les troupes nord-américaines en Irak et en Afghanistan, ainsi que des milliers de câbles diplomatiques du Département d’État.

S’il est remis à la justice nord-américaine, Assange pourrait être condamné à 175 ans de prison à partir des 17 chefs d’accusation retenus contre lui, mais en janvier dernier, la juge britannique en charge de l’affaire a refusé son extradition en raison de son état de santé et du risque de suicide.

La juge a néanmoins décidé de le maintenir en prison jusqu’à la conclusion de l’appel interjeté par le parquet nord-américain, une procédure qui peut durer plusieurs mois, selon l’avocate du journaliste, Jennifer Robinson.

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