Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les Talibans refusent une prolongation de la période d’évacuation en Afghanistan

Kaboul, 23 août (Prensa Latina) Le mouvement Taliban a averti aujourd’hui qu’il y aurait des conséquences si les États-Unis retardaient le retrait de leurs troupes d’Afghanistan au-delà de la date limite du 31 août. 

Le porte-parole politique de ce groupe armé, Suhail Shaheen, a afirmé que Washington n’avait pas besoin de prolonger son occupation militaire dans le pays d’Asie centrale, a révélé l’agence de presse afghane Pajhwok.

Lors d’un entretien avec Sky News à Doha, au Qatar, Shaheen a déclaré que si les États-Unis ou le Royaume-Uni demandent plus de temps pour poursuivre les évacuations la réponse serait négative.

Shaheen a fait valoir que si l’intention est de poursuivre l’occupation de l’Afghanistan, cela provoquerait une réaction des talibans.

L’avertissement a eu lieu alors que le premier ministre britannique, Boris Johnson, se prépare à profiter d’une réunion d’urgence, demain mardi, des leaders mondiaux du G7 pour demander au président des États-Unis, Joe Biden, de maintenir les forces nord-américaines en Afghanistan au-delà du délai fixé afin de permettre la poursuite des vols d’évacuation.

Dans le même temps, le nombre de morts à l’aéroport international de Kaboul continue d’augmenter, et des sources allemandes ont rapporté qu’au moins un soldat afghan a été tué et trois autres blessés dans une fusillade ce lundi, à laquelle auraient participé des troupes nord-américaines et allemandes.

Des milliers de personnes ont été évacuées du terminal aérien de la capitale, toujours dans le chaos depuis la prise de Kaboul par les Talibans.

Le groupe armé radical a accusé les États-Unis d’être la principale cause de la misère qui règne à l’aéroport, avec des milliers de personnes qui tentent de quitter le pays d’Asie centrale dévasté par la guerre.

Après deux décennies d’occupation militaire par les États-Unis et l’OTAN, qui ont envahi l’Afghanistan en 2001 dans une prétendue croisade antiterroriste, les Talibans ont repris le pouvoir, alors que le gouvernement et l’armée, soutenus et financés par Washington, s’effondraient.

L’intervention des États-Unis a fait des centaines de milliers de morts et de blessés parmi les civils afghans, ainsi que 11 millions de réfugiés et 5 millions de déplacés internes, laissant l’Afghanistan dans des conditions pires qu’il y a 20 ans.

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