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Un ancien ministre haïtien dénonce la complicité entre les gangs et les autorités

Port-au-Prince, 13 octobre (Prensa Latina) L'ancien ministre de la Justice Lucmame Délile a imputé aujourd'hui à la complicité présumée entre les gangs et les autorités la passivité de la police face à l'augmentation des enlèvements et de l'insécurité.

 « La collusion affaiblit l'institution policière qui ne dispose déjà pas des ressources et du matériel indispensables pour être efficace », a dit  M. Délile à la station de radio Métropole.

L'ancien chef, limogé en juillet 2020 dans un contexte de recrudescence des activités des gangs armés dans la capitale, a justifié son administration et affirmé qu'il était la cible d'une vaste conspiration visant à l'évincer du ministère de la justice et à assassiner le président Jovenel Moïse.

Au cours du dernier trimestre, les enlèvements ont augmenté de 300 % et, pour le seul mois de septembre, le Centre d'analyse et de recherche sur les droits de l'Homme a fait état de 117 enlèvements ou plus  avec demande de rançon.

Lundi dernier, des gangs opérant à Martissant, à la sortie sud de Port-au-Prince, ont bloqué la circulation des véhicules et coupé la seule route terrestre vers les quatre départements du sud.

Le même jour, plusieurs mouvements de protestation contre des enlèvements ont eu lieu dans les quartiers de Delmas et de la Montagne Noire, suite à la détention d'au moins cinq personnes au cours du week-end.

Lundi, un bus circulant sur l'axe Carrefour-Rails a été attaqué par des individus armés à Martissant faisant au moins quatre blessés.

Récemment, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la représentante de l'organisation internationale en Haïti, Helen La Lime, a qualifié la situation du pays de sombre après l'assassinat, le tremblement de terre, l'augmentation de la criminalité et des bandes armées, de même que la crise politique et sanitaire.

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