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Les États-Unis refusent d'accorder un visa au journaliste canadien Arnold August

Par Deisy Francis Mexidor.

La Havane, 20 mars (Prensa Latina) Le soutien public accordé au Venezuela par le journaliste canadien Arnold August lui a peut-être valu un refus de visa d'entrée par le Gouvernement des États-Unis.


Lors d'un entretien avec Prensa Latina, August avait fait part de son intention de prendre part à la manifestation  # HandsOffVenezuela (#TouchezPasAuVenezuela) qui s'est tenue à Washington DC le 16 mars dernier, manifestation qui était organisée par le groupe ANSWER (Act Now to Stop War and End Racism/ Action Immédiate pour Arrêter la Guerre et en Finir avec le Racisme).

"J'avais prévu d'y lire un message de solidarité de la part du Canada mentionnant les milliers de militants dans des organisations sociales et les plus de cinq millions de syndicalistes qui se sont exprimés publiquement contre la politique de Donald Trump et du Cartel de Lima, dont le Gouvernement canadien est l'un des principaux protagonistes", a affirmé le journaliste.

Cependant, à mon arrivée à l'aéroport de Montréal, "on m'a séparé des autres passagers et on m'a amené dans le bureau de la Sûreté Nationale (Homeland) des États-Unis. Dans une salle du Département des Douanes et de la Sûreté des Frontières, on m'a fait attendre longuement puis j'ai été questionné par une fonctionnaire", explique  Arnold August.

Selon les informations recueillies par la Police Royale Montée du Canada (RCMP), m'a-t-on appris, "j'ai un casier judiciaire parce que j'ai été condamné trois fois au Canada, entre 1972 et 1974, pour avoir participé à des manifestations politiques, ce qui m'empêche d'être admis aux États-Unis".

"J'ai protesté et je leur ai dit que, dans le passé, j'avais également été gardé à l'écart dans une salle du Homeland, que j'avais même déjà été interrogé au sujet des mêmes charges,  mais que l'on ne m'avait jamais refusé le visa d'entrée aux États-Unis jusqu'ici", a précisé le journaliste.

Il a demandé la raison de ce changement d'attitude, "mais je n'ai pas reçu de réponse; et lorsque j'ai insisté, on m'a expliqué que,  maintenant, on appliquait un nouveau règlement et que, selon celui-ci, l'entrée aux États-Unis était dorénavant interdite à toute personnes ayant un antécédent pénal".

Arnold August n'a pu cacher son étonnement car, dit-il, "ils possédaient toutes ces informations sur moi depuis plus de quarante ans". Il a donc continué à protester et on lui a alors remis un document (Waiver Application) pour demander une exception à cette nouvelle règle "au cas où je ne serais pas d'accord avec la décision prise par le service des douanes".

"Ensuite, j'ai été escorté jusqu'à l'extérieur de la zone d'embarquement et dirigé vers la sortie de l'aéroport".

August, qui est également écrivain et auteur de trois livres, a pris note d'autres incidents de ce type prouvant que le sentiment d'hostilité de Washington envers le Venezuela,  et aussi Cuba, devient de plus en plus fort.

Il se rappelle, par exemple, que le 29 mai 2014, un fonctionnaire de la Sûreté Nationale, (sur la foi d'informations qu'il avait dû trouver sur Internet) l'interrogea  au sujet de ses articles sur le coup d'État contre le président Zelaya du Honduras.

De même, raconte-t-il, la Sûreté Nationale  m'a demandé si j'avais eu des contacts avec les hauts dirigeants ou des membres de l'État cubain. "À quoi j'ai répondu, qu'en effet, j'avais rencontré Fidel Castro deux fois".

En une autre occasion, on lui demanda aussi ce qu'il pensait de Cuba et il répondit qu'il soutenait la Révolution cubaine.

Lors de l'incident de ce mois-ci, August  a demandé  à la police des douanes si le refus de le laisser entrer aux États-Unis était dû à ses opinions politiques mais on lui a répondu que le seul problème était qu'il avait un casier judiciaire. "Tout ceci, à l'évidence, n'est qu'un prétexte: la vérité est que mon militantisme sur les réseaux sociaux est vu comme une menace pour les États-Unis",  estime le journaliste.

Depuis sa visite à Caracas le 4 février dernier, Arnold August a écrit une série d'articles sur le Venezuela destinés au public nord-américain, raison pour laquelle le FBI est allé dénicher des faits vieux de plus de quarante ans et les a archivés le 16 mars, c'est-à-dire, la date de référence mentionnée par le service de la Sécurité Nationale de l'aéroport de Montréal.

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