Agence de Presse de l'Amérique Latine

La « stratégie » incohérente de Donald Trump en Afghanistan

Par Roberto Garcia Hernandez

La Havane, (PL) Plus qu'une stratégie intégrale pour l'Afghanistan et l'Asie du Sud, ce qu'a annoncé le président étasunien, Donald Trump, le 21 août dernier, a été aux yeux de certains experts un ensemble d'objectifs imprécis, contradictoires et éloignés de la réalité.


Le mandataire a présenté ses conceptions -plutôt celles de ses conseillers- dans un discours de 26 minutes depuis la base de Fort Myer, en Virginie, suite à plusieurs mois de délibérations et trois jours après une réunion au Camp David, Marynland, de son équipe de sécurité nationale.

Apparemment, son intention n'est pas d'obtenir un triomphe rapide dans cette guerre prolongée, coûteuse et complexe, mais de gagner du temps pour parvenir à un arrangement négocié ou trouver une sortie par le biais d'un compromis régional.

Certains des principaux conseillers de Trump, dont l'ex-stratège de la Maison Blanche , Steve Bannon, récemment renvoyé, plaident pour le retrait total des 8 400 effectifs militaires nord-américains qui remplissent des missions antiterroristes et/ou d'assistance.

Lors de son intervention, Trump n'a pas fourni le nombre concret de troupes qui seront envoyés sur le territoire afghan, mais lors des derniers mois certains médias ont spéculé sur le fait que seraient déployés entre trois mille et cinq mille effectifs vers la nation asiatique.

Des hauts fonctionnaires étasuniens ont récemment assurés que près de 4 000 soldats additionnels seraient envoyés sur le terrain ; mais cette information reste à confirmer.

D'autre part, le mandataire a reconnu que son idée initiale, avant d'occuper la Maison Blanche, était de retirer les troupes.

En 2012, il a écrit sur son compte Twitter : « Pourquoi nous continuons d'entraîner ces afghans qui ensuite tirent dans le dos de nos soldats ? », avant de continuer qu'il est « l'heure de ramener les troupes à la maison, puisque la présence en Afghanistan est un total gâchis ».

Mais maintenant, dans son intervention de Fort Myer, Trump a signalé que « la sortie rapide des unités est inacceptable, car elle laisserait un vide dans le pouvoir dont les terroristes profiteraient ».

Avec les nouvelles directives, Trump a levé les restrictions, imposées par le président Barack Obama, aux pouvoirs du secrétariat de la Défense et des chefs militaires pour prendre des décisions essentielles dans les opérations. Ce qui fait que les commandements aux niveaux tactiques et opérationnels auront maintenant plus de liberté d'action, sans avoir à consulter les pouvoirs politiques.

En général, les critères de spécialistes relayés dans certains médias nord-américains, suite à l'annonce de Trump, coïncident à exprimer différents niveaux de scepticisme quant à la possibilité que les mesures récemment annoncées inversent la situation en Afghanistan.

En examinant certains éléments, tout paraît indiquer que le chef de la Maison Blanche est resté court sur la manière dont il guidera la participation de Washington à un conflit dans lequel plus de 2 300  militaires étasuniens sont décédés et 17 674 blessés. Le bilan de civils afghans décédés se compte en dizaines de milliers, près de 16 ans après le début des affrontements et des dépenses de plus 800 milliards de dollars.

Malgré tout cela, il n'y a aucun signe de la fin du conflit à court terme. Et encore moins de la victoire des troupes des États-Unis et leurs alliés.

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