Agence de Presse de l'Amérique Latine

Planification familiale à Cuba : qu'est-ce qui ne va pas ?

Par Mariela Perez Valenzuela *

La Havane (PL) Les couples cubains planifient-ils combien d'enfant souhaitent-ils avoir et quand ? Si l'État et les institutions prêtent une attention particulière à la santé sexuelle et reproductive des citoyens ; alors pourquoi  quatre femme sur 1.000 avait moins de 15 ans parmi celles qui ont accouché en 2015  ? Qu'est-ce qui ne va pas ?


Grossesse précoce, mauvaise utilisation des méthodes contraceptives et un taux élevé d'avortements reflètent les défaillances de la planification familiale a Cuba, un pays avec des taux de naissance, de mortalité et de fécondité bas , et dont 18 % de la population dépassait les 60 ans en 2016.

Bien que le pays garantisse les droits des femmes et des hommes d'accéder aux services de planification familiale, un sondage mené par Prensa Latina auprès des adolescents et jeunes dans la ville de La Havane montre que la plupart ignore l’existence de ces services ou bien ils n'y ont pas recours. 

La raison de cela pourrait être la négligence des personnes, le manque de communication, le machisme et l’insuffisance du soutien de l'école, de la famille et de la société dans l'ensemble.

Il faudrait également voir si le programme de planification familiale et des soins de santé maternelle et infantile (PAMI) est dûment promu.

CONTRACEPTIFS DE QUALITÉ

La disponibilité des différents contraceptifs dépasse 70 % du territoire national, selon des données du Ministère de la Santé publique. Néanmoins, la connaissance de la contraception et son accès ne garantissent pas un emploi adéquat de ces ressources. 

Les résultats de l'enquête nationale de fécondité réalisée en 2009 para le Centre d'études de la population et du développement en sont la preuve : même si les Cubains de 15 à 54 ans ont connaissance de l'existence d'au moins une méthode contraceptive, 30 % de jeunes des deux sexes a eu son premier rapport sexuel sans utiliser aucune méthode de contraception.

Pour ces raisons, rien ne justifie que les femmes continuent d'avoir recours à l'avortement comme méthode de planification sans tenir compte des ses conséquences négatives, même si le gouvernement garantit le droit à l’avortement de manière gratuite. 

* Éditrice du magazine Cuba International

lp/alb/mpv