Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les tweets de Marco Rubio sur Cuba: une histoire bien éloignée de la réalité

Washington, 12 juillet (Prensa Latina) Le sénateur nord-américain Marco Rubio a ouvert un compte sur Twitter dans lequel il a l’intention d’interagir avec les cubains. Il semble oublier que ceux-ci sont les premiers touchés par les mesures d’hostilité appliquées par Washington contre Cuba, mesures qui sont prises avec l’entier soutien du même Marco Rubio.


Dans un tweet publié ce jeudi, et accompagné d’un message vidéo, ce républicain membre du Sénat pour l’État de Floride, a manifesté son intention de se connecter directement avec les cubains afin de leur faire savoir ce qu’il considère comme les priorités pour leur pays.

Ni dans ce message, ni dans aucun de ceux qu’il a envoyés précédemment sur d’autres comptes, ce sénateur d’origine cubano- étasunienne ne fait référence aux conséquences de ces « priorités », que lui et d’autres personnes de son camp encouragent, et qui frappent durement les habitants de l’île confrontés à un blocus économique, commercial et financier qui dure depuis presque 60 ans.

À l’image de Donald Trump, qui tente de trouver des justifications à ses restrictions agressives contre un pays voisin -restrictions qui sont condamnées par de nombreux secteurs de l’opinion nord-américaine et internationale-, Rubio veut se présenter comme une personne ayant à cœur les intérêts de la population cubaine.

Parmi les contenus publiées sur son compte @MarcoRubioCuba1, on peut lire qu’il veut aider le peuple cubain à obtenir ce qu’il appelle « une démocratie véritable, afin que les cubains puissent prendre des décisions à travers des dirigeant élus par eux; car ce sont les cubains qui doivent décider eux-mêmes du système politique de leur choix »... pas Marco Rubio ni le Gouvernement des États-Unis.

Autant de paroles trompeuses et en contradiction avec les véritables conséquences des actes et des lois que le sénateur Rubio n’arrête pas d’encourager contre l’île.

Le 24 février dernier, les cubains ont approuvé par référendum une nouvelle Constitution qui réaffirme le caractère socialiste de la Révolution. Elle a reçu le soutien de presque sept millions de cubains, c’est-à-dire plus de 86 pour cent des citoyens ayant voté.

Lorsque Marco Rubio affirme que ni lui, ni l’exécutif nord-américain, ne doivent décider du système politique de l’île, ce dernier oublie de dire que Washington fait des efforts considérables depuis 60 ans pour encourager la subversion et changer le régime de Cuba.

L’objectif n’a pas changé: aujourd’hui, Washington dépense encore des millions de dollars pour parvenir à ses fins.

En juin dernier, la Chambre des Représentants a approuvé un budget de 982 milliards de dollars. 20 millions étaient destinés à ce que le Gouvernement nord-américain appelle « la promotion de la démocratie » à Cuba. Et à cette somme, il faut ajouter 12 millions 973 mille dollars destinés à couvrir les frais de “Radio  y TV Martí” du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020.

Autre fait que semble vouloir ignorer le sénateur Rubio: le mois dernier, on a appris que, depuis l’arrivée de Trump au pouvoir en janvier 2017, le Département d’État et l’Agence pour le Développement International ont dépensé 22 millions 93 mille dollars sur des projets concernant Cuba.

Rubio est l’un des acteurs principaux derrière la décision de Trump de faire marche arrière sur le processus de rapprochement entre les États-Unis et Cuba entamé pendant le second mandat de Barack Obama (2009-2017), bien que la majorité de l’île ait été favorable à ce rapprochement et que les sondages aient prouvé que de très nombreux citoyens nord-américains et cubano-américains partageaient ce point vue.

Rubio affirme sur son compte Twitter que les restrictions adoptées par l’administration Trump ne s’appliquent pas aux télécommunications, parce que Washington désire que « Cuba ait accès à internet et aux réseaux sociaux ». Et il dit aussi que les restrictions de Washington ne sont pas dirigées contre les personnes travaillant à leur propre compte (c’est-à-dire les travailleurs privés) « parce que nous voulons que les affaires indépendantes prospèrent » -affirmation particulièrement ironique quand on sait qu’il s’agit de la partie de la population qui souffre le plus des restrictions imposées par les États-Unis.

Après que les États-Unis aient interdit en juin dernier les voyages éducatifs de peuple à peuple avec Cuba, après qu’ils aient interdit aux navires de croisière de faire escale sur l’île, ce sont justement les travailleurs privés (« cuentapropistas ») qui ont dénoncé l’impact négatif de ces mesures nord-américaines sur leur commerce. Le manque à gagner a été important pour les restaurants et les locations particulières qui ont perdu bon nombre de leurs clients.

Rubio oublie aussi de dire que les familles cubaines dont les membres habitent soit à Cuba, soit aux États-Unis ont subi de plein fouet ces restrictions car, depuis septembre 2017, les visas pour les États-Unis ne sont plus délivrés à Cuba en raison des prétendus problèmes de santé dont auraient été victimes les diplomates nord-américains travaillant à La Havane.

Les cubains désirant se rendre aux États-Unis sont donc obligés de se rendre d’abord dans un pays tiers, avec tous les délais et les dépenses supplémentaires que cela implique.

À quoi il faut encore ajouter que Washington a réduit à trois mois et à une seule entrée la validité du visa B2, c’est-à-dire du visa sollicité pour raisons touristiques, visites de famille ou autres voyages de ce genre; alors qu’autrefois, celui-ci donnait droit à des entrées multiples pendant une période de cinq ans.

Sur son nouveau compte Twitter, Rubio soutient que Cuba a la possibilité de commercer avec presque tous les pays du monde et que la pénurie sur l’île « n’a rien à voir avec l’embargo », malgré le caractère extraterritorial reconnu de ce blocus.

Pourtant, tout le monde a connaissance, nationalement et internationalement, des amendes qui frappent les banques et les compagnies d’autres pays pour avoir prétendument « violé » les sanctions que l’administration Trump impose à Cuba.

Étant donné le ton de ces premiers tweets sur le compte en espagnol du sénateur Marco Rubio, il est difficile de croire que la suite sera différente. Il se targuera de soutenir le peuple cubain, mais ses actes démentent ses paroles.

Peo/ma/mar