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Trump: ses tweets racistes et la complicité des Républicains

Par Martha Andrés Román

Washington, 18 juillet (Prensa Latina) Pendant que le président des États-Unis, Donald Trump, continue à essayer de nier le contenu raciste de certains de ses tweets critiqués par de larges secteurs de l'opinion, seuls quelques rares républicains s'aventurent à condamner les déclarations du chef de la Maison Blanche.


Dimanche dernier, Trump a lancé une série d'attaques sur Twitter contre quatre députées démocrates d'ascendance étrangère. Il est même allé jusqu'à leur demander ironiquement de retourner dans leur pays d'origine bien que trois d'entre elles soient nées aux États-Unis et que la quatrième ait la citoyenneté nord-américaine.

Devant cet assaut dirigé contre les députées progressistes Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Rashida Tlaib (Michigan), Ilhan Omar (Minnesota) et AyannaPressley (Massachussetts), le parti Démocrate a fait front commun pour les défendre malgré les différends internes entre ces dernières et les dirigeants de leur parti.

De plus, depuis dimanche, un grand nombre de figures publiques et d'usagers des réseaux sociaux ont accusé Trump de racisme et ont critiqué ses tweets, mais au lieu de changer de ton et de reconnaitre son erreur, ce dernier a multiplié ses attaques  et fait savoir que, selon lui, c'était aux quatre députées de présenter des excuses pour "leur haine des États-Unis".

Au milieu de toute cette polémique, plusieurs médias et différentes personnalités ont appelé les membres du Parti Républicain à condamner les propos du président, mais rares sont ceux qui l'ont fait, ne serait-ce que par quelque timide commentaire.

Au contraire, les dirigeants républicains et l'entourage de Trump le défendent et nient le caractère raciste de ses commentaires quand il s'en prend aux quatre députées et leur demande de retourner dans les pays d'où elles viennent, des pays qui -dit Trump- sont "totalement défaillants et infestés par la criminalité".

"Ces tweets N'ÉTAIENT PAS racistes. Je n'ai pas un seul os raciste dans le corps!", a exprimé Trump mardi matin, critiquant une résolution présentée à la Chambre des Représentants  par les démocrates pour condamner ses messages.

De plus, toujours sur la même plateforme digitale, il a cité les déclarations faites lundi par Kevin McCarthy, le chef de la minorité  républicaine à la Chambre Basse, qui a affirmé qu'il ne voterait pas en faveur de cette motion présentée par les démocrates et a nié que les tweets de Trump aient un caractère raciste.

Au lieu de demander des comptes au Présidant pour ses paroles -dont l'extrême droite et des partisans de la suprématie blanche se sont fait l'écho- McCarthy n'a fait que répéter les arguments utilisés par Trump pour reprocher leur idéologie aux quatre députées.

"Dans cette affaire, c'est le socialisme contre la liberté ", a répété McCarthy, reprenant les mêmes arguments que le chef de la Maison Blanche qui traite les démocrates de socialistes afin de les provoquer en les  associant à une idéologie continuellement attaquée par les médias nord-américains.

Le président n'est pas raciste a également soutenu Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, avant d'ajouter que cette polémique avait été engendrée par les prises de position idéologiques des quatre députées et que le ton employé n'était pas bon pour le pays, mais en se gardant bien d'en faire porter la responsabilité à l'attitude xénophobe de Donald Trump.

Toutefois, le sénateur Tim Scott (l'un des deux seuls membres républicains noirs du Congrès, l'autre étant le député Roy Blunt, de la Chambre des Représentants) a reconnu dans un communiqué que les termes employés dans les commentaires du président étaient "racialement offensifs".

De son côté, la sénatrice républicaine Susan Collins a fait savoir qu'elle n'était pas d'accord avec beaucoup de points de vue et de commentaires exprimés par "certains membres de l'extrême gauche", mais qu'elle estimait que le président avait franchi la ligne rouge en demandant aux quatre députées de retourner de là où elles venaient.

Et si d'autres membres du Parti Républicain ont soigneusement évité de reconnaitre que les propos du président étaient directement racistes, tel n'a pas été le cas de Roy Blunt, l'unique membre noir républicain de la Chambres des Représentants, qui n'a pas hésité à employer les termes "racistes et xénophobes" pour décrire les commentaires du président.

"D'autant plus que ces propos sont inexacts. Les quatre femmes à qui le président s'adresse sont, en fait, des citoyennes nord-américaines à part entière. Trois d'entre elles sont nées ici", a rappelé Roy Blunt lors d'un entretien avec CNN et, a-t-il ajouté, ce type de comportement est impropre pour un président des États-Unis.

Il ne faut pas croire que le fait que Trump n'ait pas été fermement condamné par son parti signifie que tous les républicains sont d'accord avec lui; de fait, selon certains médias, plusieurs d´entre eux pourraient bien être réellement d'un autre avis.

Leur décision de faire la sourde oreille pourrait surtout s'expliquer par le fait que, alors que la vie politique du pays est de plus en plus axée sur la campagne présidentielle  de 2020, beaucoup d'entre eux ne veulent pas courir le risque d'être en bute à la haine de Trump ou à celle de ses loyaux supporters.

peo/jha/mar