Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les États-Unis contre Cuba : le blocus s’intensifie en temps de pandémie

Washington, 5 juin (Prensa Latina) En plus d’ignorer les appels de nombreuses voix demandant la levée du blocus contre Cuba au milieu de la pandémie actuelle, l’administration étasunienne intensifie aujourd’hui cette politique par de nouvelles mesures contre l’île.

Alors que la nation caribéenne est confrontée au coronavirus SARS-Cov-2, non seulement sur son territoire, mais aussi dans d’autres pays du monde, le gouvernement de Donald Trump décide de procéder à l´ajout de sept nouveaux noms à la liste controversée d’entités cubaines restreintes aux étasuniens.

Les citoyens nord-américains sont interdits d’effectuer des transactions financières directes avec les entités et sous-entités mentionnées dans cette liste, qui a été dévoilé pour la première fois le 8 novembre 2017 dans le cadre des actions de l’administration de Donald Trump pour limiter davantage le commerce avec l’île des Caraïbes et les voyages des nords-américains.

Selon un communiqué diffusé mardi par le Département d’État, les nouvelles inscriptions, qui prendront effet le 12 juin prochain, sont l’institution financière Fincimex; les hôtels Marqués de Cardenas de Montehermoso, Regis et Playa Paraiso; le centre de plongée Varadero; le Centre International de Plongée Mouette Las Molas, et le Delphinarium Cayo Naranjo.

C’est la sixième fois que l’Exécutif étasunien met à jour la liste qui comprend déjà plus de 200 noms, puisqu’il l’a déjà procéder à des ajouts en novembre 2018, et en mars, avril, juillet et novembre 2019.

Cuba a qualifié d’arbitraire cette liste, composée d’une diversité de structures prétendument liées au secteur de la défense et de la sécurité nationale.

Elle comprend les ministères des Forces Armées et de l’Intérieur, la Police Nationale Révolutionnaire, puis jusqu´à des entreprises, des sociétés anonymes, la Zone spéciale de développement Mariel et les terminaux à conteneurs de Mariel et de La Havane, en plus d’un grand nombre d’hôtels et structures touristiques.

Comme lors des précédentes occasions où des mesures contestées contre la plus grande des Antilles ont été prises, la déclaration du secrétaire d’État nord-américain, Mike Pompeo, indique comme motifs des violations présumées contre le peuple cubain et le soutien de l’île au gouvernement constitutionnel de Nicolas Maduro au Venezuela.

Comme on peut le lire dans le communiqué de Pompeo, le but de ces nouveaux apports est de frapper encore plus l’industrie du tourisme, un secteur d’une grande importance pour le pays caribéen, ainsi que d’affecter le flux des devises.

Le texte a en particulier souligné l’ajout de Fincimex à cette liste, ce qui, comme l’ont signalé plusieurs sources après l’annonce de mardi, pourrait affecter davantage les envois de fonds à la nation antillaise.

Cette inclusion intervient après qu’en septembre 2019 l’administration Trump ait imposé une limite de 1.000 dollars par trimestre aux envois de fonds adressés à la nation antillaise, et après qu’en février dernier la société Western Union ait suspendu les envois de fonds à Cuba en provenance de tout autre pays que les États-Unis, à la suite de l’escalade des sanctions de Washington.

Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a qualifié hier d’immoral, d’autoritaire et de pervers le gouvernement des États-Unis pour cette escalade d’hostilité contre le peuple de l’île.

Par son compte sur le réseau social Twitter, le mandataire a déclaré que le gouvernement impérial applique de nouvelles sanctions qui affectent le peuple cubain, alors que le peuple nord-américain est lui durement frappé par la pandémie et l’escalade raciste.

Pour sa part, le ministre des Affaires Étrangères cubain, Bruno Rodriguez, a vigoureusement rejeté les sanctions annoncées par Pompeo, qui, selon lui, visent à toucher les familles cubaines.

Honteux et criminel de renforcer le blocus pendant la pandémie de Covid-19, a affirmé sur Twitter le chancelier en référence au siège économique, commercial et financier que maintient Washington contre Cuba depuis près de 60 ans.

Le président de l’organisation Cuba Educational Travel, Collin Laverty, a également souligné sur Twitter qu´il s´agit d´une tentative très cruelle de Trump, du département d’État et du sénateur Marco Rubio pour provoquer des difficultés supplémentaires aux cubains en coupant potentiellement les envois de fonds nord-américains vers l’île.

Selon Laverty, cela ajoute de la douleur aux cubains alors qu’ils luttent face à l’impact des politiques antérieures de Trump et le coronavirus.

À son tour, Mary Murray, de la chaîne de télévision NBC, a écrit sur ce même réseau social que le Département d’État 'a coupé la seule route légale que les cubano-américains utilisent pour envoyer de l’argent à leur famille à Cuba'.

'C’est particulièrement inquiétant pendant une pandémie internationale de santé. Fincimex est l’entité que Western Union utilise pour recevoir des fonds des États-Unis', a-t-elle précisé.

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