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Rejet en Argentine d’une décision judiciaire contre un journaliste

Buenos Aires, 9 février (Prensa Latina) L’Association des correspondants étrangers de la République Argentine (Acera) a exprimé hier sa préoccupation face à une décision de justice obligeant un journaliste à remettre les enregistrements d’une interview qu’il a réalisée au frère de l’ancien président Mauricio Macri.

Il s’agit de la décision de la juge Susana Margarita Gastaldi, qui a ordonné à l’écrivain et journaliste Santiago O’Donnell de remettre les enregistrements des interviews qu’il a faites à Mariano Macri pour écrire le livre Hermano, qui révèle des manœuvres de l’ancien mandataire pour amasser sa fortune à travers l’entreprise familiale.

Pour l’Acera, le cas d’O’Donnell 'met en alerte tous ceux qui exercent la profession de journaliste. Ce qui est exigé peut être considéré comme une mesure inconstitutionnelle, une violation de la liberté d’expression et du droit à la préservation des sources (article 43 de la Constitution nationale)'.

Le communiqué note en outre qu’avec ce jugement 'apparaît un risque latent de voir une décision de justice de ce type agir comme un bâillon invisible sur de futures investigations et publications journalistiques. Quelque chose d’inadmissible'.

La juge Gastaldi a intimé à O’Donnell de remettre tous les enregistrements de ses conversations avec Mariano Macri au motif qu’il s’agissait d’une mesure préliminaire destinée à assurer 'la certitude' pour la préparation d’un nouveau procès en dommages et intérêts contre le journaliste.

Cette décision met en danger la liberté d’expression et le libre exercice de la profession de journaliste, a précisé Acera après avoir ajouté que l’auteur du livre se voit en outre infliger des amendes coûteuses pour chaque jour qui passe sans respecter cette exigence.

O’Donnell affirme qu’il a précisé à Mariano Macri que la relation allait être professionnelle, que le journaliste allait avoir le contrôle total du matériel et que le pacte pour la narration n’était en aucun cas de « ghost Writer », une modalité dans laquelle celui qui écrit le texte s’adapte aux intérêts de celui qui raconte les faits', précise le communiqué.

Le Forum du journalisme argentin (Fopea) a également rejeté la décision de la juge qui oblige l’écrivain à remettre les enregistrements des entretiens.

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