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Appel à déclassifier des documents sur la tentative de coup d´État militaire en Espagne

Madrid, 24 février (Prensa Latina) Le leader de la gauche espagnole, Pablo Iglesias, a affirmé hier que, depuis son poste de vice-président du gouvernement, il cherchera à obtenir que des documents sur le coup d’État manqué du 23 février 1981 soient déclassifiés.

'Il ne peut y avoir de loi sur les secrets officiels par laquelle on peut cacher ce qui s’est réellement passé', a déclaré Iglesias à des journalistes en se rendant à la commémoration des 40 ans de la tentative putschiste.

Théâtre de cette tentative de coup d’État, le Congrès des députés a tenu ce mardi une cérémonie solennelle durant laquelle est intervenu le roi Philippe VI et ayant comme grand absent son père, l’ancien monarque Juan Carlos I, considéré comme la clé pour avorter cette sédition.

Philippe VI a profité de son bref discours pour saluer le rôle joué par son père qui, depuis août dernier, s’est exilé aux Émirats Arabes Unis face aux soupçons croissants sur l’origine opaque de sa fortune, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire.

Le second vice-président du gouvernement et leader du de l´alliance Unidas Podemos (UP) a avoué qu’il aurait préféré que tous les documents relatifs au coup d’État soient rendus publics au lieu de tenir des actes 'somptueux'.

Selon lui, l’échec de la conspiration des militaires révoltés a révélé qu’une partie de l’armée 'ne respectait pas la démocratie, mais respectait le Roi, et donc, si les Espagnols voulaient la démocratie, ils devaient accepter le Roi'.

Cette 'condition de possibilité' de la démocratie a disparu aujourd’hui, a ajouté le politicien de gauche, qui a demandé à promouvoir le débat sur la forme de l’État 'avec du calme et de la mesure'.

'Un horizon républicain s’ouvre de plus en plus sans équivoque', a estimé Iglesias en soulignant que le mouvement politique UP participe par respect institutionnel à des actes comme celui de ce mardi présidé par le monarque, mais sans taire ce qu’il pense.

Unidas Podemos a demandé que ce 23 février ne soit pas utilisé pour faire un salut mythique du passé ni pour blanchir les nostalgiques de la dictature du général Francisco Franco (1939-1975), qui en 1969 a désigné Juan Carlos de Borbón comme son successeur.

Au lieu de cela, l’alliance de gauche a exigé que l’on reconnaisse que la démocratie espagnole est imparfaite et doit être perfectionnée.

'Cette tentative de coup d’État avait un objectif clair, effrayer les citoyens pour qu’ils ne demandent pas plus et meilleure démocratie', a pour sa part jugé le député d’UP Gerardo Pisarello.

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