Agence de Presse de l'Amérique Latine

Un ancien président péruvien refuse d’assister à un nouveau procès

Lima, 2 mars (Prensa Latina) Le procès de l’ex-président péruvien Alberto Fujimori pour la stérilisation forcée de femmes indigènes et pauvres entrera aujourd’hui dans son deuxième jour, en l’absence de l’accusé qui refuse de comparaître.

Fujimori est le principal accusé de l’affaire, rouverte l’année précédente sous la pression des organisations de femmes et de défense des droits humains après de nombreux classements sans suite contestés.

Il ne s’est pas présenté à l’audience au cours de laquelle un groupe de femmes stérilisées ont témoigné des opérations forcées ou non consenties d’un grand nombre d’indigènes, près de 272.000 selon les estimations du Bureau du Défenseur du peuple.

L’avocat de l’ancien mandataire, César Nakazaki, a affirmé que son client a décidé de ne pas se présenter parce qu’il considère que l’affaire ne fait pas partie des procédures autorisées par la justice chilienne lorsqu’il a été extradé de ce pays en septembre 2007.

Conjointement à Fujimori, sont inculpés ses anciens ministres de la Santé Eduardo Young, qui a lancé le dénommé Programme de Santé reproductive et de Planification familiale 1996-2000, Marino Costa et Alejandro Aguinaga (son médecin de famille actuel) et les anciens fonctionnaires Ulises Aguilar et Segundo Aliaga.

Lors de l’audience d’hier, le procureur Pablo Espinoza a inculpé les personnes accusées d’avoir commis des délits contre le corps, la vie et la santé sous la forme de blessures graves et de blessures graves entrainant la mort, qui constituent de graves violations des droits de l’Homme.

Les victimes, a-t-il ajouté, étaient des femmes pauvres et indigènes des régions andines et amazoniennes et des secteurs urbains marginaux des zones côtières.

Plusieurs d’entre elles ont raconté en langue quechua comment elles ont été stérilisées contre leur gré, tandis que plusieurs interprètes traduisaient leurs témoignages.

L’ancien président (1990-2000) purge une peine de 25 ans de prison pour crimes contre l’humanité, peine qui a été prononcée en 2009 mais qui remonte à 2006, date à laquelle il a été arrêté au Chili à son arrivée du Japon, où il s’était évadé six ans auparavant.

En outre, un autre procès autorisé par la justice chilienne est en instance, dans lequel il est accusé d’être l’auteur d’un massacre de civils semblable aux deux pour lesquels il a été condamné en 2009.

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