Agence de Presse de l'Amérique Latine

L´avancée des vaccins cubains contre la Covid-19 commentée au Royaume-Uni

Londres, 8 mars (Prensa Latina) L’universitaire britannique Helen Yaffe a déclaré aujourd’hui que le fait que Cuba est proche de disposer de plusieurs vaccins contre la Covid-19 est une nouvelle encourageante et pleine d´espoir pour les pays à faible revenu.

Pour le Sud mondial, il s´agit d´une très bonne nouvelle, qui leur donne l’espoir de pouvoir envisager la fin de l’impact de la pandémie beaucoup plus rapidement que si ces nations dépendaient des grandes compagnies pharmaceutiques internationales, a assuré Yaffe dans une interview téléphonique accordée à Prensa Latina.

Selon la professeure d’Économie et d’Histoire sociale de l’Université de Glasgow, ce sujet revêt une importance particulière après des rapports selon lesquels l’entreprise étasunienne Pfizer aurait exigé de l’Argentine, du Brésil et d’autres pays qu´ils fournissent des actifs souverains comme paiement en cas de poursuites pour son vaccin contre la Covid-19.

Yaffe trouve également intéressante la récente couverture par plusieurs grands médias capitalistes du début de la dernière phase des essais cliniques de deux des cinq candidats vaccinaux contre la maladie provoquée par le SARS-CoV-2.

C’est comme s’ils se rendaient tout à coup compte que Cuba possède une industrie biotechnologique incroyable et de niveau mondial, a commenté l’experte sur les questions cubaines et latino-américaines.

L’auteure de « We are Cuba! How a Revolutionary People Have Survived in a Post-Soviet World » (Nous sommes Cuba! Comment un peuple révolutionnaire a survi dans un monde postsoviétique) et d’autres livres sur l’île des Caraïbes assure cependant que la nouvelle ne provoque aucune surprise pour les pays du tiers monde.

Dans le Sud mondial, ils connaissent très bien les progrès de Cuba dans ce secteur, parce que depuis longtemps avant la pandémie l’île exporte ses produits biotechnologiques vers 49 pays, et compte neuf coentreprises dans au moins neuf d’entre eux, a-t-elle souligné.

Elle a également rappelé que plus de 400.000 professionnels de la santé cubains ont servi dans des dizaines de pays pauvres ou en voie de développement depuis le triomphe de la Révolution en janvier 1959.

De l’avis de l´universitaire, ces vaccins revêtent en outre une grande importance pour Cuba parce qu’ils lui garantissent l’accès à un produit qui, autrement, aurait pu lui être interdit, non seulement en raison de son coût élevé sur le marché international, mais aussi du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis.

La grande question ici est de savoir si Cuba pourrait avoir accès à un vaccin produit par une société pharmaceutique nord-américaine ou par l’une de ses filiales dans le monde, a-t-elle insisté.

Yaffe a ajouté qu’un pays bloqué et sans accès aux lignes de crédit et de financement, comme l’île des Caraïbes, ne pourrait pas non plus payer le prix de 10 à 35 dollars par dose exigé par les sociétés pharmaceutiques.

C’est pourquoi l’un des vaccins est appelé Souverain (Soberana, en espagnol), parce qu’il offre à Cuba l’indépendance et la possibilité d’assurer la santé et le bien-être de sa population et d’autres nations du Sud global, et même des pays développés comme les États-Unis, si elle en fait la demande, a-t-elle insisté.

peo/nm