Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le président Biden fait face à des pressions au sujet de Cuba

Washington, 29 mars (Prensa Latina) Le président des États-Unis, Joe Biden, fait face à des pressions pour définir sa politique envers Cuba, rapporte aujourd’hui le quotidien The Hill.

La Maison Blanche donne peu d’indices sur la manière dont elle abordera sa politique avec le pays caribéen, dans un scénario où des considérations politiques opposées concourent, dont celle d´un trio républicains du Sénat cherchant à empêcher Biden de rayer Cuba de la liste des États parrainant le terrorisme.

Bien qu’il ait promis au cours de sa campagne présidentielle de rétablir les liens avec la plus grande des Antilles, le mandataire ne finit pas de définir comment il abordera la question, bien que plusieurs démocrates préconisent quant à eux une politique plus ouverte et soulignent les avantages potentiels pour les anciens adversaires de la Guerre froide, analyse The Hill.

Certains, comme Geoff Thale, président du Bureau de Washington pour l’Amérique latine, estiment que dans le cadre d´un rapprochement les étasuniens peuvent être les meilleurs ambassadeurs de toutes ces valeurs que les républicains brandissent pour maintenir le blocus.

Un changement de politique à l’égard de Cuba ne figure pas actuellement au premier rang des priorités du président Biden, a déclaré la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, lors d’une réunion d’information au début du mois.

Cependant, pour de nombreux législateurs le temps est essentiel, dont le représentant Jim McGovern (démocrate du Massachusetts), qui plaide pour un retour aux actions commencées sous l’administration Obama.

'Ne faisons pas l’erreur d’avancer lentement et progressivement. Nous devons agir maintenant', a déclaré le législateur.

Par ailleurs, à l’opposition des sénateurs républicains Ted Cruz (Texas) et Marcos Rubio (Floride) s’ajoute celle de Robert Menéndez (démocrate du New Jersey), président de la Commission des Affaires Étrangères du Sénat, qui est opposé depuis longtemps à tout changement de la position dure de Washington vis-à-vis de Cuba.

Fulton Armstrong, professeur à l’American University et ancien directeur des Affaires Interaméricaines au Conseil de Sécurité Nationale (NSC, pour ses sigles en anglais) estime que la position de ces législateurs est la raison pour laquelle le gouvernement de Biden ne peut pas se permettre d’attendre pour établir sa politique envers Cuba.

La Maison Blanche et son Département d’État doivent assumer le leadership et ne pas laisser la politique à l’égard de Cuba entre les mains de ce secteur. S’il y a une chose que les chiens de la ferraille politique savent faire, c’est combler les lacunes de leadership, a-t-il déclaré.

'Les sanctions unilatérales ne fonctionnent presque jamais, et ont lamentablement échoué à Cuba', a récemment manifesté le sénateur Patrick Leahy (démocrate du Vermont), lors d´une déclaration dans laquelle il blâmait l’administration Trump de faire reculer les politiques d’Obama 'pour obtenir la faveur des électeurs de Floride.'

« Les États-Unis peuvent s’engager activement ou voir nos concurrents combler le vide, comme ils le font déjà », a averti Leahy.

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