Agence de Presse de l'Amérique Latine

Contre les pronostics, Guillermo Lasso présidera l’Équateur

Par Sinay Céspedes Moreno

Quito, 13 avril (Prensa Latina) L’ancien banquier Guillermo Lasso sera le prochain président de l’Équateur, selon le calcul officiel du second tour et malgré le rejet de son programme par plusieurs secteurs sociaux qui regrettent aujourd’hui son triomphe.

Avec 98,47 % des bulletins de vote comptabilisés par le Conseil National Electoral (CNE), le candidat conservateur de l’alliance de centre-droite CREO-Parti Social-Chrétien (PSC) cumulait 52,50 % des votes valides lundi matin.

Alors que son adversaire dans les urnes pour ce second tour de l´élection présidentielle, le représentant de la coalition progressiste et de gauche Union pour l’espoir (UNES), Andrés Arauz, obtenait 47,50 %. La victoire de Lasso a frappé les secteurs qui ont apporté leur soutien à l’UNES pendant la campagne électorale, ainsi que ceux qui ont fait confiance aux sondages d’intention qui donnaient un avantage à cette force politique.

Elle a également porté un coup à ceux qui craignaient une possible victoire de Lasso, car, de l’avis de beaucoup, il a ces dernières années cogéré le pays avec Lenín Moreno, l´actuel mandataire, dont l´administration s’est plus qu´éloignée de la plate-forme programmatique avec laquelle il avait obtenu la victoire lors de l´élection de 2017.

En proclamant sa victoire, le représentant de CREO-PSC a confirmé des promesses telles que la récupération de sources d’emploi, la hausse du salaire de base de 400 à 500 dollars, l’encouragement aux entrepreneurs avec un soutien financier, une éducation de qualité, des universités accessibles à tous et de meilleurs soins de santé.

Ses propositions coïncident avec une étape difficile pour le pays, plongé dans une crise économique et sanitaire par la propagation de la Covid-19 et à laquelle devra faire face le défenseur de la banque privée.

Pour plusieurs organisations sociales, le coût de cette décision populaire sera élevé, avec un impact particulier sur la classe ouvrière affectée par les licenciements, la baisse des revenus et l’augmentation des prix de produits de première nécessité, entre autres problèmes.

Au sujet des résultats du second tour électoral, l’universitaire et analyste politique Fernando Casado a estimé dans des déclarations à Prensa Latina que l´ UNES a perdu les suffrages pour trois raisons fondamentales et avec une différence de cinq points.

'D’une part, il y a une victoire très nette à Pichincha, où avec le scrutin presque complet, la différence est de 30 points, alors que la province concentre 17 pour cent du total de l’électorat', a-t-il affirmé.

Le deuxième point, a-t-il estimé, concerne Guayas, « où se trouvent 22 pour cent des votants et où l’on s’attendait à une marge en faveur d’Arauz supérieure aux 5 pour cent obtenus par rapport à Lasso », bien qu’il ait jugé nécessaire de tenir compte du fait que ce territoire a toujours été un fief du social-christianisme.

Enfin, il a souligné comme déterminant que le vote nul encouragé par le Parti Pachakutik, troisième au premier tour des élections, s’est finalement transformé en un soutien massif à CREO-PSC.

À son avis, un panorama très complexe s’ouvre désormais pour l’Équateur, avec la continuité des quatre dernières années.

Il faudra aussi voir comment le nouveau président résoudra la question de l’Assemblée Nationale, où son parti a un nombre minoritaire de législateurs et devra composer avec un Parlement extrêmement fragmenté.

'En tout cas, la vague progressiste en Amérique latine, avec les dernières victoires de la gauche, a été stoppée en Équateur', a-t-il conclu.

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