Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le programme de récompenses des États-Unis viole les droits humains

Nations Unies, 15 avril (Prensa Latina) Le programme étasunien Récompenses pour la Justice viole les droits humains des individus pour lesquels il offre une gratification à ceux qui donnent des informations sur leur localisation, ont averti hier des experts de l’ONU.

Selon un rapport publié ce mercredi par des rapporteurs indépendants des Nations Unies, le projet mené par le Département d’État nord-américain promet des sommes d’argent pour ces informations concernant des étrangers soupçonnés d’avoir commis des actes terroristes, mais qui ne font pas l´objet d’accusations officielles de la justice.

Cela viole, entre autres, le droit à la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable, ont souligné les experts de l’organisme multilatéral dans leur rapport.

Des récompenses sont également offertes aux étrangers soupçonnés d’être impliqués dans des actes de terrorisme s’ils coopèrent avec les États-Unis.

'De nombreuses personnes visées par le programme Récompenses pour la justice se sont vu refuser le droit à une procédure régulière', a assuré la rapporteuse spéciale Alena Douhan, citée sur le site officiel d’information de l’ONU.

Ces droits, a-t-elle précisé, comprennent la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable garantis par le droit international.

En donnant de l’argent pour des informations qui pourraient conduire à l’arrestation d’individus, le programme nord-américain encourage à participer à la négation de ces droits, a-t-elle souligné.

L’offre d’argent pour la capture d’individus étrangers soupçonnés d’être liés au terrorisme ou associés à des entités décrites par les États-Unis comme étant impliquées dans ce fléau, y compris des institutions en Iran et à Cuba, s’accompagne de menaces de sanctions à l’encontre de ceux qui ne coopèrent pas avec les exigences de Washington.

C’est ce qu’indique le site d’information officiel de l’ONU, soulignant en outre que de telles sanctions violent également les droits de l’Homme.

Face à ce scénario, les rapporteurs de l’ONU exhortent le gouvernement nord-américain à revoir le programme Récompenses pour la justice afin de s’assurer qu’il est conforme aux lois internationales, questions posées à Washington sans qu´aucune réponse n´ait été apportées.

De nombreux pays membres de l’ONU se sont prononcés contre l’inclusion de pays comme Cuba dans la liste unilatérale nord-américaine des prétendus États parrainant le terrorisme.

En janvier de cette année, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exprimé l’espoir que la nouvelle administration des États-Unis envisagerait d’annuler l’inscription de Cuba sur cette liste unilatérale de pays qui parrainent prétendument le terrorisme.

Comme l’a expliqué le porte-parole du titulaire des Nations Unies Stéphane Dujarric, Guterres a exprimé au représentant permanent de Cuba auprès de l’ONU, Pedro Luis Pedroso, son désaccord avec l’inclusion de l’île dans cette liste et actée par l’administration de Donald Trump quelques jours avant la fin de son mandat.

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