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Vague de protestations contre l’insécurité dans la capitale haïtienne

Port-au-Prince, 27 avril (Prensa Latina) Plusieurs mouvements de protestation ont secoué hier la capitale haïtienne et ses environs face à la multiplication des enlèvements et la vague de violence qui frappe le pays.

Des étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université d’État se sont mobilisés après l´enlèvement de la professeure Marie Josette Malvoisin, retenue contre sa volonté depuis samedi dernier à sa sortie de l’institution.

Dans la rue Oswald Durand, au centre de la ville, des universitaires ont érigé des barricades et brûlé des pneus pour exiger sa libération.

Un mouvement similaire a eu lieu rue Nazon, près de l’aéroport international, lorsqu’un groupe de citoyens a bloqué les voies d’accès et menacé de faire de même face au Palais national.

'Nous ne pouvons plus supporter cette situation, c’est trop', a déclaré l´un des manifestants dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

À environ 70 kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince, dans la commune de Petit Gôave, les résidents ont continué leurs protestations menées depuis la veille après l’enlèvement du fonctionnaire Wilkens Dicette, qui est à la tête de la section communale.

La manifestation a entraîné la fermeture de la Route nationale 2, qui relie la capitale à cinq départements du sud du pays.

Selon la presse locale, au moins 10 personnes ont été enlevées la semaine dernière, la plupart dans la capitale haïtienne.

Ce lundi, la police a découvert le corps de l’étudiante en soins infirmiers Marline Flora Nérestant, disparue depuis jeudi dernier, alors que six des 10 religieux enlevés le 11 avril dernier sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs.

'Chaque jour nous sortons dans la rue avec la peur de ne pas revenir', a exprimé à Prensa Latina Jean Pierre, qui dirige un petit commerce dans la rue Panamericane de la capitale.

Il a déploré que, contrairement à d’autres crises, n’importe qui puisse aujourd’hui être victime des ravisseurs et de la violence, y compris ceux qui n’ont pas grand-chose.

La sécurité s’est détériorée en Haïti ces dernières années et a atteint des niveaux alarmants depuis le milieu de l’année 2020.

Lors du premier trimestre de l’année, quelque 157 personnes ont été kidnappées, soit deux fois plus qu’en 2020, selon le Centre d’analyse et de recherche sur les droits de l’Homme.

La situation affecte également les femmes et les enfants, dont les meurtres, les blessures, les viols et les enlèvements ont augmenté de 62 % entre septembre et février, selon le rapport publié par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance.

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