Agence de Presse de l'Amérique Latine

Un gouverneur brésilien s´oppose à la politisation du vaccin russe Spoutnik V

Brasilia, 27 avril (Prensa Latina) Le gouverneur de l’État brésilien du Ceará (nord-est), Camilo Santana, a déclaré aujourd’hui qu’il n’acceptera jamais la politisation du processus d’importation du vaccin russe anti-Covid-19 Sputnik V, utilisé dans d’autres pays et avec une efficacité avérée. 

Après que l’Agence Nationale de Surveillance Sanitaire (Anvisa) a refusé hier soir l’autorisation d´utiliser le médicament demandée par le Ceará et d’autres États, Santana a commenté sur les réseaux sociaux avoir reçu la nouvelle avec 'déception et étrangeté', d’autant plus que le Comité scientifique du Nord-Est s’est prononcé en faveur de l’utilisation de l’antidote.

Il a souligné qu’il n’acceptera jamais qu’il y ait 'une quelconque politisation de ce processus. C’est absolument inacceptable'.

Il a indiqué qu’il continuera à lutter pour cette autorisation, en toute sécurité et selon toutes les règles, afin que nous puissions proposer le vaccin à notre population le plus rapidement possible, surtout face à la lenteur du gouvernement fédéral.

Lors d’une réunion ce lundi, tous les conseillers de l’Anvisa ont voté contre l’autorisation, à la suite d’avis des secteurs techniques et du rapporteur Alex Campos.

La décision s´est fondée sur une prétendue absence de preuves documentaires de l’innocuité du vaccin et sur la possibilité de défaillance de la fabrication du producteur.

Des analystes ont réagi en rappelant que Spoutnik V est depuis des mois la cible d’une campagne internationale visant à le discréditer, et dont les intérêts ne sont pas étrangers aux États-Unis et aux pays européens, alors que le vaccin ait été utilisé dans 61 pays au bénéfice de plus de millions de personnes.

Il est à noter que la Commission technique nationale de biosécurité, organe consultatif rattaché au Ministère des Sciences du gouvernement brésilien, a approuvé la libération commerciale du médicament russe contre la Covid-19.

Cette approbation fait suite à l’évaluation de documents complémentaires fournis par la société Union Química, laboratoire autorisé à produire le vaccin sur le territoire national.

Au vu des faits, le Fonds russe d’investissement direct (RDIF) a qualifié de politique la décision de l’organisme de réglementation de reporter l’autorisation du vaccin au Brésil.

'La décision de l’Anvisa de reporter l’enregistrement de Spoutnik V peut avoir des motifs politiques', a-t-il indiqué dans un communiqué.

Il a averti que cette hypothèse est confirmée par 'les données du rapport 2020 du Département de la Santé et des Services Humains des États-Unis, qui mentionne ouvertement les tentatives de cette entité de faire pression sur les autorités brésiliennes et de les forcer à refuser d’acheter le vaccin russe'.

Le RDIF note que 'les commentaires techniques' de l’Anvisa sur le médicament russe 'n’ont rien à voir avec la réalité'.

La prestigieuse revue médicale britannique The Lancet a rapporté en février que l’efficacité de Sputnik V était de 91,6 %, ce qui a dissipé les doutes quant à sa fiabilité.

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