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Mise en garde contre l’augmentation des comportements addictifs à Cuba

La Havane, 4 mai (Prensa Latina) Les preuves, dans le contexte communautaire de Cuba, montrent que pendant cette année de pandémie de Covid-19 les comportements addictifs ont augmenté dans le pays, avertissent des spécialistes. Selon des informations publiées ce lundi par le Ministère de la Santé Publique, certaines personnes ont tendance à se réfugier dans l’abus de drogues et d’autres pratiques addictives pour faire face à des situations de stress.

Peur, anxiété, panique et insécurité ont été des émotions fréquentes durant cette période, explique le docteur en sciences Justo Reinaldo Fabelo Roche, chef du Département de Recherches en Addictions de l’Université de Sciences Médicales de La Havane.

Le spécialiste souligne également la préoccupation constante quant à la possibilité réelle de tomber malade et de contaminer à la fois la famille et les amis, ce qui peut générer des manifestations de mélancolie et de dépression.

'Dans les moments de fatigue pandémique, le désordre émotionnel peut être déterminant pour ce type de comportement', a-t-il précisé.

Des études ont montré que les drogues les plus couramment utilisées dans ce pays des Caraïbes sont le tabac et l’alcool.

Toutefois, au cours de la dernière décennie et dans certains groupes de population, l’abus de substances illicites et de médicaments sur ordonnance comme la marijuana (également synthétique), la cocaïne et des médicaments comme le tramadol, la morphine et la carbamazépine a augmenté.

Par ailleurs, la plus forte incidence des addictions sans composés chimiques est la pratique du jeu illicite, suivie par la dépendance technologique comme les jeux vidéo, l’Internet, le téléphone mobile, les jeux en ligne et les réseaux sociaux, ainsi que la réalisation d’exercices physiques et les troubles alimentaires, alerte le spécialiste.

La consommation excessive d’informations sur les réseaux sociaux, connue sous le nom d’infodémie, engendre des comportements à risque préoccupants, contribuant à l’augmentation de l’anxiété et des sentiments de malaise.

Pendant la quarantaine, les mythes selon lesquels la consommation de cigarettes et d’alcool réduit la tension, engendre la paix et la détente se sont également exacerbés, mais les risques de dépendance à la nicotine, par exemple, ne sont pas pris en compte.

L’exacerbation de ces mythes devient un facteur de risque qui peut conduire à la rechute chez certains patients toxicomanes qui avaient progressé dans leur processus de sevrage ou qui peut entraîner l’initiation de leur consommation systématique par des adolescents et des jeunes, a déploré le Dr Fabelo Roche.

En ce sens, il appelle les personnes à être cohérentes avec leurs projets de vie et motivations professionnelles pour faire face à cette situation épidémiologique et maintenir l’abstinence ou réduire les habitudes addictives.

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