Agence de Presse de l'Amérique Latine

Pedro Castillo et Verónika Mendoza signent un accord unitaire au Pérou

Lima, 6 mai (Prensa Latina) Le candidat présidentiel Pedro Castillo et la dirigeante de gauche Verónika Mendoza ont convenu aujourd’hui de parvenir, avec l’élection du premier, à un gouvernement du peuple et d’impulser les changements profonds dont le Pérou a besoin. 

Le document a été signé par les deux leaders politiques au nom de Patria Libre, parti de Castillo, et Nuevo Perú-Juntos pour le Pérou, alliance politique dirigée par Mendoza.

Remerciant le soutien reçu, Castillo a s’est exprimé sur la misère et l’injustice qui affecte le pays, où, depuis des décennies, rien ne change pour les pauvres, tandis que d’autres défendent 'une pseudo-démocratie et une Constitution faite à la mesure de la grande oligarchie qui a toujours dirigé l’État et le pouvoir politique'.

Il a ajouté que l’accord est un compromis avec les familles pauvres, touchées par la Covid-19, qui 'a permis de complètement mettre à nu la précarité de ce vieil État corrompu'.

Celui qui est aujourd’hui en tête dans les sondages d’intention pour le second tour du 6 juin prochain a souligné que la crise sanitaire a également mis en évidence « la précarité des gouvernements qui se disent démocrates et sont démocrates pour eux-mêmes, pour leur entourage, pour une poignée d’oligarques ».

Mendoza a quant à elle manifesté que ce pacte permet de mettre en commun 'toute notre volonté et nos forces, tout ce que nous avons, la main sur le cœur' pour un gouvernement du changement et du peuple, dirigé par Castillo.

'Nous avons la responsabilité historique de mettre un frein à la mafia, à l’autoritarisme, à la mort, nous ne voulons pas revenir au passé, aux années 90', en référence au gouvernement d’Alberto Fujimori (1990-2000), père de la rivale de Castillo, Keiko Fujimori, lors du second tour de l’élection présidentielle.

Elle a signalé 'l’opportunité historique de construire un Pérou différent, où personne ne reste à la traîne, où personne ne meurt faute d’oxygène ou de vaccin, où la santé et l’éducation ne sont pas des commerces mais des droits pour tous'.

Puis elle a souligné les objectifs partagés avec Castillo et a averti que 'nous aurons besoin de plus de forces, parce que le chemin ne sera pas facile, il y a ceux qui ne veulent pas perdre leurs privilèges' et parlent de démocratie sans y croire.

Les deux dirigeants ont signé une déclaration conjointe intitulée « Pour la refondation de notre patrie avec justice, souveraineté et égalité », qui assume la responsabilité historique de mettre fin à « un cycle de corruption, de pillage de nos richesses et d’abandon des familles ».

Le document les engage à travailler ensemble 'pour construire un large accord politique, social et citoyen pour parvenir à un gouvernement du peuple et impulser les changements profonds dont le Pérou a besoin'.

Il indique également l’objectif commun de 'barrer la route aux forces autoritaires et corrompues et d’inaugurer un temps nouveau où toutes les voix soient entendues et notre souveraineté récupérée, pour construire un nouveau pacte social à travers une Assemblée Populaire Constituante'.

Il y est prévu de relancer l’économie en laissant au passé le modèle néolibéral 'qui n’a favorisé que quelques privilégiés' et de construire une nouvelle économie de profit général, par une souveraineté sur les richesses nationales, avec respect de la nature, et de mettre en place une deuxième réforme agraire et une diversification productive.

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