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L’Union européenne a refusé de financer le référendum en Haïti

Port-au-Prince, 11 mai (Prensa Latina) L’Union Européenne a refusé jeudi dernier de financer l’organisation du référendum constitutionnel en Haïti ou de faire venir des observateurs, a confirmé sa représentante dans le pays, Sylvie Tabesse.

À seulement deux mois de la consultation populaire lancée par le gouvernement pour modifier la Grande Charte de 1986, Tabesse a souligné que les conditions de soutien financier et technique ne sont pas remplies et que « nous refusons de contribuer à ce processus tel qu’il est ».

L’ambassadrice a estimé que le référendum ne donne pas toutes les garanties de transparence et de démocratie attendues par le bloc communautaire.

La consultation est prévue pour le 27 juin et, si elle est approuvée, elle ferait revenir le pays vers un régime présidentiel, le Sénat pourrait disparaître et le pouvoir exécutif serait renforcé.

Plusieurs voix ont critiqué l’initiative du Gouvernement, la considérant comme un projet unilatéral et arbitraire, alors que les autorités se défendent avec les résultats de plusieurs sondages dans lesquels près de 90 pour cent des personnes interrogées se sont montrées favorables au changement constitutionnel.

Cependant, les principales répliques se concentrent sur le fait que la figure référendaire est expressément interdite par la loi de lois en vigueur, la première depuis la chute des dictatures de François et Jean-Claude Duvalier (1957-1986).

Outre l’Union européenne, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti a récemment encouragé une plus grande participation à la discussion et à l’élaboration du projet de constitution.

'A ce stade, le processus n’est pas suffisamment inclusif, participatif ou transparent', a déclaré cette instance de l’ONU.

Malgré les critiques, le premier ministre par intérim Claude Joseph a souligné que le référendum est un acte de souveraineté nationale.

'Il s’agit essentiellement des Haïtiens : ce sont eux qui décident s’ils veulent ou non un référendum pour changer la Constitution', a déclaré Joseph, tout en reconnaissant que certaines préoccupations exprimées au niveau international sont fondées et légitimes.

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