Agence de Presse de l'Amérique Latine

Plaintes contre la persécution de journalistes haïtiens

Port-au-Prince, 11 mai (Prensa Latina) Des organisations de journalistes en Haïti ont dénoncé hier les récentes persécutions et menaces de mort contre certains de leurs membres, en particulier dans le nord-est du pays.

Au début du mois, des individus non identifiés ont tenté d’assassiner le présentateur de Radio Alliance FM, Edxon Fransisque, quelques minutes avant de présenter une édition d’information, a déploré dans un communiqué de presse publié ce lundi la Confédération des journalistes du Nord-Est.

Fransisque a été battu et dépouillé de tous ses biens, a critiqué l’organisation, alertant qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé.

Elle a précisé à cet égard que ces professionnels sont confrontés à un contexte de détérioration du climat de sécurité, comme en témoignent les menaces reçues par le chroniqueur Cersine Villardouin suite à ses commentaires dans la presse.

La plate-forme a appelé les autorités à créer les conditions nécessaires pour que les journalistes puissent exercer leur profession en paix, et a encouragé ceux qui utilisent le pouvoir pour les persécuter à cesser de commettre de tels actes.

En février dernier, au milieu des manifestations antigouvernementales qui demandaient au président Jovenel Moïse de quitter son poste, plusieurs journalistes ont été victimes de répression policière, dont certains ont été abattus à balles réelles près du Palais national.

Les événements ont amené l’Organisation des Nations Unies à exprimer sa préoccupation face au recours 'disproportionné' à la force et à mettre en garde contre le fait que ces actions ont pour effet de limiter le droit à l’information.

Cependant, quelques jours plus tard, Moïse a justifié de tels actes par le fait que les bandes armées se déguisent en représentants des médias pour attaquer les policiers actifs, ce qui fut vivement critiqué par les associations de presse, considérant que les déclarations exposent la profession à toutes les formes graves d’agression.

Au cours des deux dernières années, Haïti a baissé de 25 places dans le classement de la liberté de la presse, et se situe actuellement à la 87e place, selon plusieurs enquêtes.

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