Agence de Presse de l'Amérique Latine

Pérou : le dépouillement confirme la victoire de Castillo, en attente de contestations

Lima, 10 juin (Prensa Latina) Le candidat Pedro Castillo avait ce matin un avantage de 71 mille 441 voix lors du dépouillement officiel, différence alors impossible à remonter par sa rivale, mais il ne peut être proclamé vainqueur en raison de contestations massives de Keiko Fujimori. 

Le Bureau National des Processus Électoraux (ONPE) a rapporté à la première heure que Castillo a récolté huit millions 791 mille 778 votes en faveur et Fujimori huit millions 720 mille 337, soit 50,204 et 49,796 pour cent, respectivement, avec 99,129 pour cent de procès-verbaux dépouillés.

Le Jury national des élections (JNE) peut, selon la loi, proclamer le vainqueur au terme du décompte ou lorsque la différence entre les voix de celui qui occupe la première place est supérieure à celles des procès-verbaux restant à vérifier, comme dans le cas d’espèce.

Cependant, la contestation de 802 procès-verbaux contenant environ 500.000 votes, principalement de territoires andins où Castillo l’a remporté amplement, empêche la proclamation de l’instituteur rural comme nouveau président.

Fujimori a pour sa part annoncé hier soir les contestations pour irrégularités qu’elle devra prouver avec des motifs précisés par la loi électorale pour annuler des procès-verbaux suite à la journée de vote.

Alors que presque toutes les prévisions jugeaient impossible qu’elle puisse surpasser l’instituteur rural, l’aspirante néolibérale a annoncé que ses représentants légaux avaient présenté aujourd’hui des demandes de nullité devant le Jury National des Élections (JNE).

Les contestations, selon son parti Force populaire (FP), comprennent des procès-verbaux contenant des fausses signatures, d’autres où Fujimori n’a obtenu aucune voix et des cas de tables électorales composées de membres d’une même famille.

De nombreux experts électoraux, y compris de divers horizons, estiment que la plupart des contestations sont inconsistantes et inhabituellement nombreuses et qu’il s’agit d’une manœuvre dilatoire.

Presque au même moment de l’annonce de Fujimori et son parti, le candidat de gauche a quant à lui diffusé un message remerciant ses partisans qui continuent à résister dans les rues pour défendre la décision populaire, et a appelé au calme en exhortant à ne pas tomber dans les provocations 'de ceux qui veulent voir ce pays dans le chaos'.

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