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Un économiste haïtien met en garde contre d'éventuelles émeutes de la faim

Port-au-Prince, 10 août (Prensa Latina) L'économiste Etzer Émile a averti que si la situation en Haïti continuait comme aujourd'hui, avec une pauvreté et une inflation croissantes, les conditions étaient donc réunies pour de possibles émeutes de la faim.

L'economiste a rappelé sur Radio Métropole que l'inflation de 29 % multipliait l'insécurité alimentaire dont souffrent maintenant plus de 4,3 millions d'Haïtiens, alors que la violence des gangs freine les activités économiques.

Selon l'expert, le fait que des milliers de personnes ne soient pas dans les rues est dû au fait que les acteurs politiques qui organisaient autrefois des manifestations massives sont désormais des fonctionnaires du gouvernement.

De plus, les actions et le pouvoir des gangs s'avèrent un frein à toute manifestation populaire.

Le gouvernement ne contrôle pas vraiment la situation et une émeute peut survenir à tout moment, a-t-il averti.

Cette semaine, le premier ministre, Ariel Henry, a prévenu que le pays connaissait sa quatrième année de récession économique avec une croissance négative de 0,4 %, ce qui laisse présager des temps difficiles.

Et puis, le chef du gouvernement a admis que les actions programmées dans le budget en vigueur n'avaient pas pu être mises à bien, ce qui lèse particulièrement le secteur agricole.

D’autre part, la baisse du produit intérieur brut sera accompagnée d'un niveau élevé d'inflation et ses graves conséquences sociales, en plus de la hausse des prix des produits importés et locaux, et de la dépréciation de la monnaie nationale par rapport au dollar.

A cela s'ajoute la diminution des transferts internationaux et des investissements étrangers, a-t-il souligné dans une lettre de cadrage du projet de budget 2022-2023.

Au cœur de cette situation, des produits tels que le poisson et l'huile ont augmenté de 54 et 88 % respectivement, selon l'Institut haïtien de statistique, ce qui menace d'appauvrir encore davantage la population et d'élever les chiffres de l'insécurité alimentaire.

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