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Pas de réconciliation entre le peuple et le Gouvernement, affirment des intellectuels haïtiens

Port-au-Prince, 3 octobre (Prensa Latina) Une vingtaine d’intellectuels haïtiens ont assuré hier que les conditions actuelles empêchent une réconciliation entre le peuple et le président élu Jovenel Moïse, et ils ont fait appel à la conscience des citoyens du monde.

C’est au prix du sang, de la radicalisation et de la violence répressive du peuple que le dirigeant restera en fonction, ont affirmé les écrivains dans un communiqué, ajoutant que le seul soutien du président provient des puissantes ambassades étrangères.

Au cours de l’année écoulée, Haïti vit l’une de ses crises sociopolitiques les plus aiguës depuis le départ de l’ancien dirigeant Jean-Bertrand Aristide en 2004, estiment des experts, avec de fortes protestations antigouvernementales demandant la démission immédiate de Moïse, impliqué par la Cour des Comptes dans une affaire de détournement de fonds publics, bien que celui-ci l’ait nié.

Selon les intellectuels, aux yeux du peuple, le chef de l’État et le parti politique Tet Kale auquel il appartient, ‘représentent la corruption, la répression et l’exclusion’.

Ce groupe soutient que la demande du moment est la démission de Moïse, l´établissement d’un gouvernement transitoire visant à réduire les inégalités, des mesures immédiates qui soulagent les plus pauvres, ainsi que la tenue d’une conférence nationale et de procès contre ceux qui ont détourné le trésor public.

Avec cette position, certains des écrivains les plus représentatifs du pays s’alignent sur les revendications de l’opposition, et des milliers de manifestants qui, depuis trois semaines, prennent les principales rues du pays.

Dans ce contexte, le Gouvernement insiste sur le fait que le dialogue est le principal moyen de résoudre la crise, après des journées intensives sans commerce, sans écoles, sans hôpitaux et sans services publics.

Récemment, Moïse a appelé à une trêve historique pour se concentrer sur les réformes institutionnelles, sociales et économiques essentielles au développement national, mais ses paroles n’ont pas été bien accueillies par la population.

Après le discours diffusé à l’aube par la télévision nationale, les manifestations se sont intensifiées dans tout le pays hier, avec des attaques contre des entreprises, des commissariats, des sièges de justice et des commerces privés.

Les secteurs de l’opposition ont annoncé une nouvelle journée de mobilisation générale pour vendredi et promis de rester dans les rues jusqu’à la fin de ce gouvernement.

Entre-temps, « l’administration actuelle procède à des changements de cabinet, réduit le nombre de titulaires afin de réduire les dépenses et de répondre efficacement aux besoins de la population », a assuré le premier ministre par intérim Jean-Michel Lapin.

Par ailleurs, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a rapporté hier que les atteintes à la sécurité en Haïti ont interrompu les programmes d’assistance de l’agence multilatérale et aussi de santé.

Le porte-parole s’est fait l’écho des rapports de l’équipe de l’ONU sur le terrain, qui mettent en garde contre de nombreux obstacles en raison de l’instabilité actuelle dans ce pays des Caraïbes.

Selon lui, le secteur de la santé est probablement le plus touché, les hôpitaux étant confrontés à des difficultés majeures pour maintenir leurs opérations.

La pénurie de carburant, le manque d’eau potable et d’autres éléments essentiels ont également des répercussions sur les orphelinats, les unités de protection civile et les autres services d’urgence, qui fonctionnent déjà avec des capacités limitées, a ajouté Dujarric.

De nombreuses écoles ont été fermées au cours des deux dernières semaines, laissant environ deux millions d’enfants et de jeunes sans accès à l’éducation, a-t-il poursuivi.

Au début de l’année, 2,6 millions d’haïtiens souffraient d’insécurité alimentaire en Haïti.

Si la situation actuelle se poursuit, on estime que des milliers de personnes déjà confrontées aux conséquences d’une grave insécurité alimentaire pourraient être encore plus touchées et que l’aide ne pourrait pas être distribuée, a alerté le porte-parole du secrétaire général de l’ONU.

Face à ce scénario, a-t-il souligné, les agences des Nations Unies et leurs partenaires cherchent à relancer les efforts de réponse dès que possible.

Ces derniers jours, ces fortes manifestations antigouvernementales en Haïti ont paralysé les principales activités économiques, les établissements d’enseignement, l’administration publique, ainsi que la déjà faible distribution de nourriture, d’eau, de carburant et autres.

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