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Les résultats de la « trêve » turco-étasunienne en Syrie

Par Pedro García Hernández

Damas, 20 octobre (Prensa Latina) À 11 jours de l’opération « Source de Paix », et malgré une « trêve » de 120 heures entre Ankara et Washington, 166 mille syriens ont été déplacés dans tout le nord de la province de Hasaka en raison des affrontements entre les troupes turques et les groupes kurdes.

À ces actions s’ajoutent de sérieux dégâts aux infrastructures de la région et la mort d’au moins une dizaine de civils et plus d’une trentaine de blessés, ainsi que l’occupation par la Turquie d’une dizaine de localités et de bombardements par les artilleurs et l’aviation à Ras Ain, Derbasieh, Amouda, Qamishli, Malkieb et dans les environs.

Le Gouvernement syrien a rapidement réussi à mettre en place 39 centres d’hébergement temporaire à Hasaka, chef-lieu de la province du même nom, et six à Qamichli, où se trouve le seul aéroport civil dans le nord-est du pays. Les médias, les sources militaires et les réseaux sociaux s’en font l’écho et soulignent le travail difficile d’aide humanitaire d’organismes tels que le Croissant Arabe Syrien, les comités locaux de secours, la Croix-Rouge Internationale et le Programme Alimentaire Mondial (PAM).

Il y a moins de 24 heures, ces sources ont signalé que l’aviation turque avait attaqué la périphérie de la ville de Ras Ain et ses environs, où des troupes des groupes kurdes des dénommées Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et des Unités d’Autoprotection (YPG, pour ses sigles en anglais) sont déployées.

Même si les centres de communication, surtout occidentaux, mentionnent le retrait des militaires étasuniens de ces régions, en particulier de Manbij, Kobane, Tabqa, Ain Issa et Tell Sam, ils oublient de mentionner les bases maintenues à Sabah El Jair, Tell Tamer, Tell Baydar, Rimelan et Derek, dans la région nord-est de Hasaka, près de la frontière avec l’Irak.

À cet égard, des sites tels que l’agence syrienne SANA citent la porte-parole de la Chancellerie russe, Maria Zajárova, qui a précisé la veille : ‘un jour, la coalition étasunienne accroît sa présence en Syrie, un autre jour elle part, puis finalement reste, et personne n´est au courant’.

Le cocktail médiatique assez bizarre du sujet, dramatique en soi, fait allusion à des divergences entre Ankara et Washington mais revient encore et encore, aux pressions mutuelles qui incluent les déclarations contradictoires du président Donald Trump, puis l’envoi de son vice-président Mike Pence et du secrétaire d’État Mike Pompeo à un dialogue peu connu avec le mandataire turc, Recep Tayyib Erdogan.

D’après des analystes de la situation, cette rencontre a donné lieu à une « trêve » de 120 heures, sans date pratique de début, et donc de conclusion, et ce dans le cadre des propos agressifs du conseiller de la présidence turque, Yasin Aktay.

Sur la base d’une étrange gestion médiatique, Aksay a déclaré la veille que si le régime syrien veut entrer à Mabij, Kobane ou Qamishli pour protéger les YPG, « nous le considérerons comme une déclaration de guerre ».

Toutefois, l’armée syrienne a pénétré dans ces localités, où des patrouilles de la police militaire russe et d’éléments de la FDS et des YPG sont également en place, à la suite d’accords conclus à ce sujet, révélés, mais sans précision, par les agences de presse, des sites web et des sites comme Al Masdar, entre autres.

Par ailleurs, des éléments de la soi-disant Armée Nationale Syrienne, formée à partir de membres de l’Armée Syrienne Libre, appuyée depuis 2014 et même auparavant par le régime turc, sont activement impliqués dans les opérations militaires turques, selon des dénonciations publiées par le Réseau Voltaire, entre autres.

La situation actuelle est d’autant plus complexe que des facteurs disparates tels que ceux mentionnés ci-dessus interviennent dans la réalité et que l’essence d’une solution éventuelle doit être fondée sur le respect de l’intégrité territoriale de la Syrie, pays qui, en plus de huit ans de guerre imposée, reste ferme pour défendre l’indépendance nationale et plaide pour négocier une issue pacifique à la crise.

« Les événements de ces derniers jours ont constaté une vérité historique : que ceux qui comptent sur les étasuniens deviennent finalement une monnaie d’échange et un outil de pression, et c’est précisément ce qui est arrivé aux Kurdes », a déclaré le parlementaire syrien Alan Bakr.

peo/mem/pgh

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