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El Salvador commémore les Accords de Paix malgré l’amnésie gouvernementale

Par Charly Morales valide

San Salvador, 16 janvier (Prensa Latina) Les Accords de Paix qui ont restauré les libertés politiques en El Salvador ont aujourd’hui 28 ans, sans que le gouvernement actuel ne semble se soucier de l’importance de l’éphéméride.

L’absence de cérémonies ou de commémorations officielles pour la première fois depuis la fin du conflit armé (1980-1992) confirme la volonté de l’administration actuelle de tourner la page sur un épisode décisif de l’histoire du pays.

Dès son investiture, le 1er juin 2019, le président Nayib Bukele a parlé de clore le chapitre de l’après-guerre, mais c’est une chose d’avancer, et une autre de nier le passé et de se concentrer sur le négatif, sans voir les contributions.

‘Il est important de retrouver la mémoire historique et l’importance des Accords de Paix’, a estimé Nidia Díaz, une des personnalités de la signature transcendantale, réalisée au Château de Chapultepec, au Mexique.

Celle qui était alors commandant de la guérilla, et actuellement cheffe du groupe parlementaire du Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale (FMLN), a profité de cette date pour appeler à la défense de la voie démocratique qui a coûté si cher au peuple.

De son côté, l’ancien chancelier et chef des négociateurs du gouvernement de l´époque, Oscar Santamaria, a déclaré au quotidien El Mundo que Bukele ne serait pas (aujourd´hui) président sans la démocratie obtenue à partir de l’Accord de Paix de 1992.

« Chapultepec disparaît de l’imaginaire collectif. Les nouvelles générations jugent à tort cet événement par leurs protagonistes et non par l’héritage précieux qui nous a été légué », avertit y compris le journal de droite Diario de Hoy.

Dans le même quotidien, le chroniqueur Paolo Luers avertit que le gouvernement de Bukele ne tente même plus de faire semblant de respecter ce que le peuple salvadorien a réalisé le 16 janvier 1992 à Chapultepec.

Ni le président, ni ses ministres, ni les dirigeants de ses deux partis ne voient dans les Accords de Paix un succès pour toute la société salvadorienne. C’est pourquoi ils ne les mentionnent même pas, a noté Luers dans sa colonne d’opinion.

Soucieux de préserver la mémoire, le FMLN a convoqué son traditionnel acte au mémorial du Christ de la Paix, sur la route de Comalapa, pour rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie pour le retour de la démocratie.

En plus de mettre fin à une guerre qui a fait environ 75 mille morts, ces accords ont abouti à des réformes du système judiciaire et électoral et ont permis des avancées dans la défense des droits de l’Homme.

Cet événement important a mis fin à un régime qui a juridiquement soutenu une dictature, et a cédé la place à l’alternance dans l’exercice de la présidence, un droit que les nouvelles générations tiennent pour acquis.

peo/mem/cmv

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