mardi 23 avril 2024 |
Prensa Latina - Qui sommes nous

| Contacter avec Prensa Latina

Agence d'information Latino-américaine
Édition française
Search
Close this search box.

Serbie-Union Européenne : embuches sur le chemin en ces temps de Covid-19?

Par Roberto Molina Hernández

Belgrade, 24 avril (Prensa Latina) La pandémie du nouveau coronavirus, en plus de la crise sanitaire qu’elle provoque, a exposé publiquement les politiques d’exclusion de l’Union Européenne (UE) à une époque où des pays périphériques comme la Serbie avaient besoin de plus de solidarité.

 Les autorités étatiques et gouvernementales de Belgrade mesurent leurs pas dans tous les domaines de la vie conformément aux exigences et aux modèles des valeurs dites européennes, en tant que composante principale de sa stratégie politique d’entrer dans l’espace communautaire et d’en être, tôt ou tard, le prochain membre.

Les citoyens, ne plaisantant qu´à moitié, qualifient ce processus par une phrase décrivant l’horizon : ‘un point où semblent converger le ciel et la terre, mais qui s’éloigne chaque fois que nous croyons nous approcher’.

Jusqu’à très récemment, les dirigeants de l’UE manifestaient que ce quinquennat pourrait être la dernière étape pour l’accès de la Serbie, qui, parmi tous les prétendants, est le pays qui a le plus de possibilités en raison de son solide développement infrastructurel et économique et de ladite discipline financière.

Mais l’amour à l’époque du nouveau coronavirus semble avoir été déchiré par les décisions liées à la cession ou à la vente de matériels et d’équipements médicaux au début de l’expansion de la pandémie qui ont affecté les États en route vers l’UE, notamment la fourniture des indispensables respirateurs artificiels.

Face à ces dispositions protectionnistes pour les pays membres, bien que Bruxelles ait également relégué l’Italie, l’un de ses principaux partenaires, la désillusion a pris la place de l’optimisme et le président serbe, Aleksandar Vucic, a déclaré publiquement avoir constaté que la solidarité européenne n’existe pas et qu’il s’agit d’un conte de fées sur papier.

La Serbie, qui avait résisté aux premiers assauts de l’épidémie, a immédiatement reçu de l’aide de la Chine, la première le 16 mars, avec mille kits de tests et autres moyens, et la seconde le 22, notamment par l´arrivée d´experts médicaux ayant participé au combat contre le Covid-19 dans la ville de Wuhan, où le virus mortel a d’abord été détecté.

Un avion des Émirats Arabes Unis comprenant des masques, des gants et d’autres équipements sanitaires, une flotte de 11 cargos russes transportant des équipements, du matériel et du personnel spécialisé, un lot d’articles des États-Unis, et y compris une aide de Turquie sont ensuite arrivés en Serbie.

Dans le même temps, l’UE s´en est tenu à ne pas livrer de matériel à des pays non membres, bien qu’elle ait payé le transport des marchandises achetées par Belgrade en Chine et dans d’autres pays, jusqu’à ce que, le 18 avril, un Boeing 747 ait atterri dans cette capitale avec une aide européenne.

Certains hauts fonctionnaires de Bruxelles ont vu comme un affront la mise en place à Belgrade de grands panneaux de remerciement à la solidarité de Pékin et, personnellement du président Xi Jinping, et ont regretté de n’en avoir enregistré aucun mentionnant l’UE.

La Serbie a répondu par des formulations à la manière d´Honneur à qui mérite honneur et a souligné que l’aide est toujours nécessaire, mais qu’elle devient cruciale au moment définie et qu’elle est arrivée de Chine, de Russie et d’autres pays, mais pas de l´UE.

Peut-être que le ministre de la Défense, Aleksandar Vulin, est celui qui a le mieux résumé l’opinion de Belgrade à ce sujet en manifestant aujourd’hui dans une interview télévisée : ‘Dans cette horreur de la lutte contre le virus… il a été démontré qui sont nos amis sincères et comment se comportent les amis sincères’.

Puis il a signalé ‘combien il est important quand la Chine et la Russie vous envoient de l’aide, quand la Turquie vous envoie de l’aide, au bon moment, juste quand vous en avez besoin, quand c’est le plus difficile’, pour préciser que dans deux ou trois mois, la Serbie n’aura pas besoin d’un milliard de gants et de masques comme lors des 10 premiers jours, même si ces fournitures sont toujours importantes.

peo/mem/rmh

 
EN CONTINU
notes connexes