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Le blocus imposé par les États-Unis à Cuba : des chiffres historiques en 2020

Par Isaura Diez Millán *

La Havane, 8 décembre (Prensa Latina) Avant de quitter la Maison Blanche, l’administration de Donald Trump laisse en 2020 des chiffres inédits de dommages dus au blocus contre Cuba,  par ailleurs renforcé durant la pandémie de Covid-19.

Selon le chancelier de l’île, Bruno Rodriguez, pour la première fois en près de 60 ans cette politique hostile provoque des pertes supérieures à cinq milliards de dollars en un an.

Le gouvernement des États-Unis a durci les mesures durant la pandémie de Covid-19, ce qui confirme son caractère ‘d’acte de guerre économique’, a-t-il déclaré lors de la présentation du rapport sur les répercussions du blocus.

L’île se voit refuser l’accès aux technologies médicales et aux intrants provenant des États-Unis et de pays tiers, dont la composante issue de cette nation ne peut atteindre les 10 %.

Selon Rodríguez, cela fait que Cuba rencontre d’énormes difficultés pour obtenir des équipements et des matières premières pour la production de médicaments contre le SARS-Cov-2.

Par ailleurs, des dons et achats à l’étranger n’ont pas pu se matérialiser en raison des sanctions qui font partie du blocus.

Parmi les autres manifestations d’agressivité, on peut citer la campagne contre la coopération médicale cubaine, les obstacles au renouvellement des licences de compagnies travaillant avec l´île, la réduction extrême du transport aérien et les attaques contre les envois de fonds.

De fait, la société nord-américaine Western Union a cessé de transférer des fonds à Cuba en raison des mesures unilatérales prises par le Gouvernement des États-Unis pour empêcher cette activité sur l’île.

L’application extraterritoriale du blocus s’est également aggravée entre 2019 et 2020, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers ayant imposé 12 sanctions à des entités des États-Unis et de pays tiers pour un montant supérieur à 2 milliards 403 millions 985 mille dollars.

En outre, des procédures judiciaires ont été engagées en vertu de la loi Helms-Burton pour la première fois depuis son adoption il y a 23 ans.

Dans des déclarations à Prensa Latina, Dalia González, chercheuse au Centre d’études hémisphériques et sur les États-Unis de l’Université de La Havane, a averti que nombre des mesures coercitives prises par les États-Unis répondaient à une stratégie électorale.

Selon la professeure, Donald Trump a ainsi cherché à séduire les voix de la communauté cubano-américaine de la Floride en raison de son importance comme État clé.

Cependant, la politique hostile de la Maison Blanche nuit également aux propres étasuniens et de nombreuses voix de différents secteurs se sont jointes cette année à l’appel exigeant la fin du blocus.

Selon l’activiste cubano-américain Carlos Lazo, le blocus limite leurs libertés, les empêchant y compris d’accéder aux médicaments de la biotechnologie cubaine et aux marchés de l’île, pour ne citer que ces exemples.

La militante nord-américaine Angelica Salazar a pour sa part déclaré à Prensa Latina que les actions de la Maison Blanche l’empêchent de faire son travail dans le cadre de programmes éducatifs conjoints avec le Centre Martin Luther King, l’Université de La Havane et la Maison des Amériques de cette capitale.

Selon des données officielles, entre 2019 et 2020, les États-Unis ont appliqué 17 mesures coercitives pour empêcher les Étasuniens et les Cubains résidant dans ce pays de se rendre sur l’île.

De fait, le président républicain Donald Trump a interdit les voyages touristiques à Cuba, les vols charters, les croisières, les déplacements d´avions et de bateaux privés vers l´île, et a y compris mis fin aux contacts dits de ‘peuple à peuple’.

En outre, les politiques des États-Unis contre Cuba affectent le développement de secteurs ayant un impact social élevé sur l’île.

Des sources officielles font état de pertes dans le domaine de la santé entre avril 2019 et mars 2020 de l’ordre de 160 millions 260 mille 880 dollars, celles concernant le secteur de l’éducation étant estimées à 21 millions 226 mille dollars, alors que dans les secteurs de l’alimentation et l’agriculture on enregistre des dommages à hauteur de 428 millions 894 mille 637 dollars.

Récemment, le nouveau président élu des États-Unis, Joe Biden, a exprimé son intention de donner une nouvelle approche envers Cuba, qualifiant la politique actuelle de la Maison Blanche d’échec total.

À cet égard, le ministre cubain des Affaires étrangères a réaffirmé que l’île bénéficiait de l’appui de la majorité de la communauté internationale et que, par conséquent, la politique de Washington renforçait le discrédit et l’isolement de ce pays.

peo/arb/ool/idm

*Journaliste à la Rédaction nationale de Prensa Latina

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