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La frontière sud, zone de tension au Mexique en ce qui concerne la migration des enfants

Par Luis Manuel Arce Isaac

Mexico, 15 avril (Prensa Latina) Le ministre des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a décrit hier la frontière sud avec le Guatemala comme une zone de tension au Mexique en raison d´une augmentation grave et sans précédent du trafic de mineurs non accompagnés.

Il s’agit d’une modalité adoptée par des familles originaires du Honduras, du Salvador et du Guatemala pour tenter d’entrer sur le territoire des Etats-Unis et obtenir un visa leur permettant de travailler et de vivre dans ce pays.

Mais la réalité est loin du rêve de transformer les enfants en passeport pour le regroupement familial en raison d’une politique contraire aux droits de l’Homme mise en œuvre par l’ancien président Donald Trump, qui a séparé sans ménagement les mineurs de leur famille.

Il était espéré qu’avec Joe Biden, qui a publiquement condamné et rejeté les actions de Trump, la situation s’améliorerait, mais peu ou pas de progrès ont été réalisés à cet égard, et elle s’est y compris plutôt aggravée au point que, rien qu’en mars, les États-Unis ont renvoyé 171.000 migrants sur le territoire mexicain ou dans leur pays d’origine.

Cependant, pour le Mexique, la plus importante pression migratoire s’est déplacée vers la frontière sud, qui s’agrandit presque autant que la frontière nord se libère, car jusqu’à présent, il n’y a ni encouragement ou motivation pour ralentir ou contrecarrer l’exode de centraméricains.

La différence avec ce qui se passait avant la pandémie de la Covid-19 – qui a stoppé les caravanes de migrants – est le facteur enfant, puisqu’on estime que jusqu’à 20.000 mineurs sont laissés par leur famille au gré des trafiquants chaque mois pour être emmenés au nord.

Cette situation est l’argument du gouvernement mexicain pour renforcer l’attention et la surveillance militaires à la frontière sud – bien que le président Lopez Obrador rejette ce terme – avec 12.000 soldats qui sont appelés fonctionnaires parce qu’ils répondent à différentes agences fédérales.

Le zone de tension, comme décrite par Ebrard, est aggravée par l’action criminelle d’organisations qui se consacrent à la traite des êtres humains. Le gouvernement a décidé de renforcer le système national pour le développement intégral de la famille afin de prendre en charge les enfants de moins de 18 ans.

“Nous allons nous occuper des enfants, c’est une instruction que j’ai donné ce matin, parce que les trafiquants, une ou plusieurs mafias, utilisent les mineurs et c’est une violation très grave des droits de l’Homme”, a argumenté le président.

Lopez Obrador a demandé à ses homologues d’Amérique centrale d’aider le Mexique et à ce que les enfants ne soient pas utilisés, « car ce n’est pas la bonne façon d’obtenir du travail et de l’aide sociale ».

Certes, il y a une véritable escalade pour tenter d’obtenir l’autorisation d’entrer aux États-Unis, et le pire, c’est que l’attaque publique sur les causes sociales, économiques et violentes de la migration, n’a même pas commencé, et se limite jusqu’à présent à des efforts isolés du Mexique.

Les États-Unis, chargés de fournir quatre milliards de dollars sous l´administration Trump et de participer à des programmes de développement et d’assistance sociale au Honduras, au Salvador, au Guatemala et dans le sud du Mexique, n’ont pas donné un centime, et maintenant Biden s’est engagé à le faire, mais cette année, il ne donnera qu’un peu plus de 800 000 dollars.

Dans le même temps, certains spéculent à propos d’un accord entre toutes les parties, y compris le Mexique, pour renforcer la surveillance militaire à la frontière avec le Guatemala, alors que le plus important est de concrétiser et d’augmenter les contributions financières pour les programmes sociaux et de résoudre le problème la zone de tension actuelle.

Or la réalité aujourd’hui, a admis le ministre des Affaires étrangères Marcelo Ebrard, est que nous sommes d’autant plus que débordés à la frontière et que nous devrons accueillir davantage de mineurs que prévu.

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