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Après deux mois de mobilisation, la protestation ne cesse pas en Colombie

Bogota, 28 juin (Prensa Latina) Plusieurs secteurs ont appelé les citoyens à descendre aujourd’hui dans la rue à tout juste deux mois du début de la mobilisation nationale contre le gouvernement d’Ivan Duque. 

Durant les manifestations, les participants exigeront que justice soit rendue pour les plus de 70 personnes tuées, les centaines de disparus, les milliers de blessés, dont des dizaines ayant perdu la vue, suite aux violences de la police et en particulier de l’escadron mobile anti-émeute (Esmad).

Malgré tout, les manifestants affirment avoir obtenu plusieurs résultats. Ils estiment avoir pu empêcher une réforme fiscale, celle de la santé, avoir obtenu la démission du ministre des Finances, de la ministre des Affaires étrangères et du commandant de la police de Cali.

D’autre part, la mobilisation a empêché l’achat de 24 avions de guerre pour une somme millionnaire et mis fin aux discours quotidiens du programme Prévention et Action, dans lequel le président du pays, Iván Duque, apparaissait pour aborder les questions liées à la Covid-19.

Les mobilisations quotidiennes ont permis d’obtenir la gratuité des frais de scolarité pour le second semestre de cette année pour les étudiants de l’enseignement supérieur public issus des couches les plus démunies. 

La protestation a également permis de mettre en avant la nécessité d’une réforme structurelle de la police nationale.

Elle a de plus réussi à promouvoir la participation citoyenne (assemblées et conseils ouverts), rendre visible au monde la crise politique et sociale que vit la Colombie à cause du gouvernement Duque et à donner la priorité à la vie et à la paix au détriment du football, étant donné que la Copa América n’a pu y avoir lieu.

Les mobilisations ont également réussi à redéfinir la mémoire historique du pays et à ce qu’une grande partie de la Colombie se déclare opposée aux doctrines promues par l’ancien président Álvaro Uribe, fondateur du parti du Centre démocratique au pouvoir.

Enfin, la mobilisation a permis de mettre en lumière les violations massives et systématiques des droits de l’Homme par les forces de sécurité et la demande de démantèlement de l’Esmad.

Dans ce contexte, le Comité national de grève a demandé au gouvernement de signer un pré-accord pour garantir le droit de manifester, et l’administration Duque a pour sa part exigé la suppression des barrages routiers.

Bien que la population mobilisée ait éliminé une grande partie de ces obstacles, le gouvernement a maintenu une posture négative. Le Comité a donc interrompu temporairement les mobilisations, mais a convenu d’un nouveau plan d’action.

Les représentants de ce collectif ont manifesté avoir pris cette décision en raison de l’attitude de l’administration d’Iván Duque ignorant le préaccord sur les garanties minimales pour les manifestations sociales pacifiques.

En outre, parce qu’il a émis le décret 575 autorisant l’aide militaire pour la gestion de la protestation sociale, qu’il continue à retarder la négociation de la Déclaration d’urgence présentée le 20 juin 2020 et qu’il a, dans une attitude despotique, décidé comme politique l’utilisation excessive de la force publique.

Cependant, des secteurs de la population qui ne se sentent pas représentées par le Comité maintiennent des manifestations pacifiques alors que les violences policières se poursuivent.

En ce qui concerne ce lundi, ledit Comité composé de syndicats, d’organisations étudiantes et autres, a appelé à une mobilisation sous le slogan  » Pour la vie, la paix, la démocratie et contre les politiques néolibérales du gouvernement Duque « .

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