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La violence continue de faire des victimes en Colombie

Bogota, 15 janvier (Prensa Latina) Six massacres, des affrontements armés, un nettoyage social, l’assassinat du premier défenseur des droits humains cette année et un appel des Nations Unies à mettre en œuvre l’Accord de Paix décrivent aujourd’hui un panorama de violence en Colombie

L’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz) a dénoncé ce samedi le sixième massacre dans le pays sud-américain et l’assassinat d’un leader indigène défenseur des droits humains.

Selon le rapport, le massacre a été perpétré dans le chef-lieu de la municipalité de Miranda, Cauca, où Neider Andrés Collazos, âgé de 21 ans, et deux autres personnes non identifiées, dont une femme, ont été assassinés.

Ils étaient apparemment sans domicile fixe et auraient été tués dans le cadre de ce qui serait un plan de « nettoyage social », a précisé l’organisation non gouvernementale.

Indepaz a indiqué que le Bureau du Défenseur du peuple avait émis une alerte rapide en 2018 à l’intention de la municipalité de Miranda et qu’il avait présenté en 2019 un document de suivi dans lequel il signalait l’augmentation des mal dénommés « nettoyages sociaux » et le risque encouru par les communautés rurales en raison de la présence d’acteurs armés réguliers et irréguliers sur le territoire.

Indepaz a également dénoncé aujourd’hui le premier assassinat d’un premier leader social cette année, Guillermo Chicana, qui était membre de la garde indigène Nasa de Las Delicias, dans la municipalité de Buenos Aires, département du Cauca.

Les faits se sont produits alors qu’un groupe de gardes indigènes effectuait des tâches de contrôle territorial et a été attaqués par des hommes armés. Fabián Camayo, l’actuel coordinateur de Las Delicias, a également été blessé.

En 2020, le Bureau du Défenseur du peuple a lancé une alerte signalant des actes contre des membres de communautés indigènes et d’ascendance africaine, a souligné Indepaz.

Le Bureau de l’ONU pour les droits de l’Homme en Colombie a révélé mercredi qu’au moins 78 défenseurs des droits humains ont été assassinés dans le pays sud-américain en 2021.

Il a précisé dans le rapport que, du 1er janvier au 31 décembre 2021, 202 plaintes ont été déposées pour assassinat de défenseurs des droits de l’Homme, dont 78 ont été vérifiées, 39 sont en cours de vérification et 85 sont non concluantes.

Toutefois, il a précisé que le nombre d’assassinats de défenseurs des droits de l’Homme ne représente pas la totalité des assassinats en Colombie, mais les cas reçus et vérifiés.

Cinq ans après la signature de l’Accord de Paix, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, a déclaré qu’en raison du « coût humain dévastateur de plus de cinq décennies de conflit entre l’Etat et les anciennes Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (FARC-EP), il est d’obligation morale d’assurer le succès de la paix en Colombie… ».

Cette semaine, le Défenseur du Peuple, Carlos Camargo, a rencontré plusieurs responsables sociaux et des organisations de défense des droits de l’Homme du département d’Arauca afin de suivre la crise humanitaire qui persiste dans ce département « en raison des actions des groupes armés illégaux ».

Les actes de violence ont entraîné 33 homicides et le déplacement forcé progressif de dizaines de familles au cours des 15 premiers jours de 2022.

Le Bureau du Défenseur du peuple a également émis la première alerte rapide de cette année pour Cali, présentant les scénarios de risque de violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

De même, mercredi dernier, le gouverneur du département de Magdalena, Carlos Caicedo, a réitéré son appel au président de la Colombie, Iván Duque, afin de mettre en œuvre un plan de protection spéciale face au taux élevé d’homicides enregistrés dans certaines zones de la démarcation.

« Monsieur le Président, mettez un terme à la vague d’homicides de manière décisive, étant donné que, selon les renseignements fournis par des enquêteurs spécialisés dans la sécurité, l’augmentation de la violence dans la sous-région nord du Département aurait pour responsables les héritiers de mouvements paramilitaires », a-t-il manifesté.

peo/rgh/otf

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