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Des gardes forestiers provoquent des émeutes en Haïti

Port-au-Prince, 1er février (Prensa Latina) La Brigade de Sécurité des Zones Protégées d’Haïti (BSAP) a déclenché aujourd’hui des émeutes dans différentes parties du pays, et ce suite aux décisions du gouvernement de leur soustraire des armes et autres équipements.

Dans la localité de Hinche, dans le centre de la nation antillaise, ils ont tenté de mettre le feu aux institutions publiques, puis ont finalement érigé des barricades et brûlé des pneus devant les portes de l’Office national d’assurance vieillesse, du Tribunal de paix et de l’État civil.
À Mirebalais, ils ont bloqué la Route Nationale Trois sur le pont Fer à Cheval, a précisé le quotidien Le Facteur.
La BSAP reste mécontente des mesures imposées par le gouvernement et prévoit d’étendre sa rébellion, une situation qui, si elle se concrétise, entraînera de nouvelles violences en Haïti.
Selon les derniers rapports, les agents opérant dans le Nord-Est n’ont pas l’intention de remettre leurs armes en dépit de la demande du Premier ministre, Ariel Henry, qu’ils accusent de favoriser les intérêts de la République dominicaine.
Le BSAP est interdite de circulation dans le pays caribéen, ces hommes ne pourront plus se déplacer librement en portant leurs uniformes, leurs armes longues et leurs pistolets, sinon ils seront sanctionnés par la loi, a averti un communiqué gouvernemental.
En effet, ils devront se rendre au bureau du Ministère de l’Environnement, organe directeur, pour effectuer un recensement dans le cadre de la réorganisation de l’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP).
La BSAP est passée d’une simple garde forestière à une force importante de troupes bien équipées au service d’intérêts politiques.
Le gouvernement a d’abord abrogé l’ordonnance du 10 mai 2017 nommant Jeantel Joseph directeur général de l’ANAP.
Dans le même temps, il a créé une commission technique pour la restructuration de cette entité.
L’ANAP, département autonome du Ministère de l’Environnement, est responsable de la BSAP qui, depuis plusieurs années, s’éloigne très largement de ses fonctions.
En 2018, le BSAP comptait 100 agents, en 2021 ils étaient 121 et maintenant on estime officieusement qu’elle compte 4 000 hommes armés.
Ce qui préoccupe le plus les autorités haïtiennes, c’est que ce corps a outrepassé ses fonctions de protection de la flore et de la faune du pays caribéen et qu’il est impliqué dans la scène politique, notamment des opposants.
Le gouvernement cherche à connaître le nombre exact de ses effectifs, ses sources de financement et la façon dont ils sont rapidement déployés dans le pays, y compris dans des zones qui ne sont pas considérées comme zones protégées.
Ce corps est divisé en trois catégories de membres, une partie est affectée à la sécurité du ministère de l’Environnement, une autre fait réellement ce qu’elle peut pour protéger certaines zones protégées, et une troisième est considérée comme électron libre au service d’intérêts politiques.
Les membres de la BSAP ne sont pas payés depuis des mois, et ils exercent une pression sur les autorités et les entrepreneurs en échange d’argent.
Elle est composée en majorité d’anciens membres des forces armées haïtiennes et de jeunes.
peo/mem/joe

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