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Sous couvert d’altruisme, l’OEA se fait l’avocate d’une intervention militaire au Venezuela

Par Carmen Esquivel*

La Havane (Prensa Latina) Utiliser le prétexte de l’aide humanitaire aux migrants pour justifier une intervention militaire est une vieille stratégie qui a déjà était appliquée dans divers pays et que les États-Unis voudraient maintenant imposer contre le Venezuela en collusion avec l’OEA.

Voilà des mois que le gouvernement de Caracas dénonce ces plans, mais, maintenant, le secrétaire général de l’Organisation des États Américains, Luis Almargo, s’est chargé lui-même de les confirmer.

Lors de sa visite du 14 septembre dans une zone frontière entre la Colombie et le Venezuela, il a affirmé qu’une possible intervention militaire pour renverser le président Maduro « ne devait pas être écartée ».

Ses déclarations ne sont qu’une paraphrase de celles du chef de la Maison Blanche, Donald Trump, qui, l’année dernière, a affirmé: « En ce qui concerne le Venezuela, nous disposons de beaucoup d’options, y compris celle d’une intervention militaire si cela s’avère nécessaire ».

Fidèle à sa rhétorique anti-vénézuelienne, Almagro a traité de dictateur le président Maduro qui a été démocratiquement élu par son peuple et a accusé ce dernier d’être à l’origine de la crise migratoire dans la région.

Auparavant, Almagro, président de l’OEA, avait ordonné la création d’un groupe de travail sur la migration vénézuélienne, initiative qui – selon le gouvernement de Caracas- cherche à imposer un soi-disant « canal humanitaire » allant à l’encontre de la souveraineté du  peuple vénézuélien.

« Ils sont en train de créer l’image d’un État du Venezuela qui a échoué et laissent entendre que ce sont eux, les humanitaires, qui vont sauver le pays », explique Samuel Moncada, l’ambassadeur vénézuélien devant les instances de l’OEA.

D’après l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (Acnur) et l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), environ 1,6 million de personnes sont sorties du Venezuela ces trois dernières années, et 90 pour cent d’entre elles résident dans des pays sud-américains.

Parmi les causes de cette migration,  il existe un facteur déterminant que les monopoles médiatiques oublient toujours de mentionner: le sabotage permanent de l’économie nationale par les États-Unis.

La nouvelle escalade des agressions a commencé  en mars 2015, lorsque le président des États-Unis de l’époque, Barack Obama, déclara que le Venezuela était « une menace pour la sécurité nationale » et décida d’appliquer des sanctions contre plusieurs de ses fonctionnaires.

Cet embargo économique a continué pendant les années suivantes et s’est renforcé après la réélection de Nicolas Maduro en mai dernier avec 68 pour cent des votes, un résultat que Washington refuse toujours  de reconnaître.

Après ces élections, Trump a signé un décret exécutif pour resserrer le blocus financier et interdire les transactions avec les organismes publics, y compris avec la compagnie des Pétroles du Venezuela (Pdvsa).

Cette guerre économique, soutenue par l’opposition, essaie d’asphyxier le pays et empêche l’achat de nourriture, de médicaments et d’autres biens de  première nécessité par le Gouvernement.

L’un des exemples les plus récents  en a été le blocage de sept millions de dollars destinés à l’acquisition de traitements de dialyse pour les patients souffrant de problèmes rénaux.

Dans cette campagne médiatique sur le thème de la migration, les médias évitent consciencieusement de rappeler que le  Venezuela a été, historiquement, un pays d’accueil pour les réfugiés.

Plus de six millions 500 mille colombiens, péruviens et équatoriens résident sur son territoire et bénéficient des programmes sociaux appliqués par le Gouvernement.

Un sort bien différent est réservé aux vénézuéliens résidant à l’étranger. À beaucoup d’entre eux, on a même fait miroiter de fausses promesses sur une amélioration de leurs conditions de vie.

Raison pour laquelle, ces derniers jours, quelques trois mille vénézuéliens ont accepté le Plan de Retour  à la Patrie, pont aérien mis en place par les autorités afin de faciliter le retour des citoyens vénézuéliens en situation de vulnérabilité.

Le président Maduro a dénoncé le fait que, dans des pays tels la Colombie, l’Équateur et le Pérou, se développe une croisade de la haine, de la persécution, du mépris et de la xénophobie contre son peuple.

Cette campagne internationale, menée par les États-Unis, tente de créer un scandale pour justifier une intervention militaire contre son pays, a-t-il expliqué.

Ces projets d’agression, attisés par le secrétaire général de l’OEA, ont été condamnés par les gouvernements et les organisations progressistes de la région.

« Porter atteinte au Venezuela, c’est porter atteinte à l’Amérique Latine », a averti le président de la Bolivie, Evo Morales, sur son compte Twitter.

L’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) considère les déclarations d’Almagro comme la preuve évidente des plans de déstabilisation contre les gouvernements progressistes d’Amérique Latine.

Pour le dominicain ManolaPichardo, président de la Conférence Permanente des Partis Politiques d’Amérique Latine et du Caraïbe (Copppal), les paroles d’Almagro réaffirment le rôle de l’OEA comme instrument au service des États-Unis.

Pichardo a rappelé le silence complice et l’attitude de l’OEA lors du coup d’État au Honduras en 2009 et au Brésil, en 2016, contre le gouvernement légitime de DilmaRousseff.

« Les exemples sont nombreux pour prouver que l’OEA, qui a légitimé l’intervention états-unienne en République Dominicaine afin d’empêcher le retour du gouvernement démocratiquement élu de Juan Bosh, continue à être un instrument destiné à justifier les agressions contre l’Amérique Latine et les Caraïbes », a-t-il déclaré.

Même la majorité des pays du groupe dit « de Lima », à l’exception de la Colombie, du Canada et de la Guyane, se sont dits opposés à toute action ou déclaration tendant à justifier une intervention militaire au Venezuela.

Le New York Times a récemment révélé dans un article les contacts secrets maintenus en 2017 et 2018 entre des fonctionnaires de l’administration de Donald Trump et d’anciens militaires vénézuéliens opposés au processus révolutionnaire afin d’encourager des actions visant à renverser le président Maduro.

Si l’on ajoute aux propos d’Almagro les dernières déclarations à ce sujet du Commandement Sud de l’Armée états-unienne et les provocations qui ont lieu le long de la frontière entre le Venezuela et la Colombie, il n’est pas difficile d’imaginer qu’il se prépare un coup d’État contre le Venezuela.

peo/arb/car

*Chef de la rédaction Sud-Américaine de Prensa Latina.

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