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Inquiétude à l’ONU au sujet de la Justice Spéciale pour la Paix en Colombie

Nations Unies, 15 mars (Prensa Latina) Les objections présentées par le président colombien, Iván Duque, au sujet de la loi statutaire portant sur la Justice Spéciale pour la Paix (JEP) ont provoqué de l’inquiétude au sein de l’ONU, en raison de l’incertitude qui entoure encore cette législation.

La veille, le ministre des Affaires Étrangères colombien, Carlos Holmes Trujillo, a terminé sa mission au siège des Nations Unies, à New York, où il s’était déplacé afin d´expliquer les raisons pour lesquelles Iván Duque s’opposera à plusieurs articles de cette loi de Justice Spéciale pour la Paix, destinée à établir un mécanisme de justice de transition pour les personnes impliquées dans le conflit colombien.

Après avoir rencontré le ministre des Affaires Étrangères, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a répété son inquiétude et a souligné l’importance de cette Juridiction Spéciale pour la Paix.

Cependant, António Guterres espère que des mesures seront prises le plus rapidement possible pour l’application de cette base légale afin de garantir ainsi le droit des victimes et la sécurité de toutes les parties intéressées.

À la suite de sa rencontre avec Guterres, Trujillo a déclaré que les objections présentées par le président Iván Duque seraient discutées par le Congrès pour renforcer la JEP et protéger le droit des victimes à obtenir la vérité, la justice et la réparation, pas la répétition.

Les six articles auxquels s’oppose Duque concernent des sujets allant de l’indemnisation matérielle des victimes aux questions d’extradition des anciens combattants, et des rôles du Procureur Général et du Haut-Commissaire pour la Paix.

La JEP, ou Justice Spéciale pour la Paix, est un mécanisme de justice transitoire servant à mener des enquêtes et à juger les personnes ayant pris part au conflit armé en Colombie.

Dimanche dernier, l’annonce des objections émises par le président à cette loi statutaire a suscité de nombreuses critiques et condamnations de la part de divers secteurs de la société colombienne.

Au Parlement, les partis d’opposition, utilisant pour la première fois dans l’histoire du pays le droit de réponse accordé dans le Statut de l’opposition, ont accusé Duque d’attentat contre l’État de Droit.

Ces forces d’opposition considèrent, qu’en s’opposant à la JEP, le Gouvernement porte un coup à la construction de la paix en Colombie en raison de l’insécurité juridique dans laquelle son attitude plonge les anciens guérilleros et les militaires.

Ces objections à la JEP, ajoutent les partis d’opposition, contribuent à raviver la haine et les divisions, au lieu d’unir les colombiens par des mesures de réconciliation.

Les personnes ayant négocié cette paix (universitaires, anciens ministres, 33 membres du Congrès colombien) ont manifesté leur profonde inquiétude dans une lettre envoyée au secrétaire général de l’ONU.

Les signataires de cette lettre -parmi lesquels on compte plus d’une centaine d’intellectuels et de personnes importantes du monde politique- estiment que les objections de Duque portent un coup sévère à l’instauration de la paix en Colombie.

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