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Faire l’apologie du coup d’État de 1964 revient à célébrer les violations des Droits d l’Homme

Brasilia, 1er avril (Prensa Latina) Célébrer le 55ème anniversaire du coup d’État militaire qui, le 31 mars 1964, fut perpétré au Brésil  et installa une dictature qui devait durer 21 ans, revient à mettre à l’honneur la Violation des Droits de l’Homme.

C’est ce qu’on voulu faire savoir les cinq anciens membres la Commission Nationale pour la Vérité (CNV) qui, le 10 décembre 2014, remirent à la présidente de la République de l’époque , Dilma Rousseff, le rapport final de l’enquête réalisée sur les graves violations des droits de l’Homme commises dans le pays durant le régime de dictature militaire (1964- 1985).

Le coup d’État militaire de 1964 fut une « violation délibérée et illégale des règles constitutionnelles pour s’approprier des organes du pouvoir politique », ont déclaré a. la presse locale ces six anciens membres de la CNV: José Carlos Díaz, María Rita Kehl, Paulo Sérgio Pinheiro, Pedro Dallari et Rosa Cardoso.

Ils ont tenu à rappeler que  » les jours qui suivirent le coup d’État, des milliers de citoyens furent arrêtés et que la brutalité et la torture devinrent des choses fréquentes ».

« On mit alors au point un système de répression complexe dans toutes les  structures administratives du pouvoir public, système permettant de surveiller en permanence les syndicats, les organisations professionnelles, les églises, les partis », ont-ils précisé.

D’après ces anciens enquêteurs,  » la pratique systématique de la détention légale et arbitraire, la torture, les disparitions forcées, les exécutions et la dissimulation des cadavres de milliers de brésiliens abattus sont le propre de ce régime. Ce sont des crimes commis contre l’Humanité ».

Pour toutes ces raisons, déclarent-ils, « raisons qui ont été étudiées de manière exhaustive par la Commission Nationale pour la Vérité – commission instituée par la loi et dont le rapport constitue la version officielle de l’État brésilien-  le régime militaire instauré par le coup d’État de 1964 est incompatible avec la Constitution de 1988 qui est, aujourd’hui, le fondement de l’État démocratique de droit ».

« Célébrer le coup d’État de 1964 signifie célébrer les graves violations des droits de l’Homme et les crimes contre l’humanité perpétrés par ce régime. À ce jour, ces crimes n’ont pas été punis. Les célébrer revient à faire une intolérable apologie de la violence », soulignent, en conclusion, les anciens membres de la CNV.

Au cours de ces deux années et sept mois d’existence, la Commission consacra tout son temps à la recherche, à l’analyse de documents, à l’étude de plus d’un million de témoignages, à la visite des centres de répression et à des dizaines d’audiences publiques à travers tout le territoire national.

Après tout ce travail, la Commission put délivrer son rapport définitif et confirmer la mort et disparition de 434 personnes au cours de la dictature militaire. 191 d’entre elles furent déclarées « mortes », 210 « disparues »; et les cadavres de 33 de ces dernières furent postérieurement localisés au cours de la suite de l’enquête menée par la CNV.

Ces chiffres ne correspondent certainement pas au nombre de morts et de disparus. Ils ne prennent en compte que ceux qui parvinrent à être dûment vérifiés à partir du travail réalisé par la Commission. Et ce travail dût surmonter de nombreux obstacles au cours de l’enquête, notamment en ce qui concerne le manque d’accès aux documents détenus par les Forces Armées, ces documents ayant été « détruits », selon la version officielle.

Hier, dans de nombreuses villes du pays, des partis politiques, des organisations et des mouvements sociaux sont descendus dans la rue pour condamner la décision initiale du Gouvernement de Jair Bolsonaro de commémorer dans les casernes l’anniversaire du coup d’État. Dans une déclaration ultérieure, le président a remplacé  le verbe « commémorer » par le verbe « remémorer », cela ne change rien à l’affaire.

peo/ga/ocs

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