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Inauguration en Serbie du Forum sur les crimes contre les journalistes

Par Roberto Molina Hernandez

Belgrad, 23 avril (Prensa latina) « La Serbie a le droit d´appeler les choses par leur nom, et un bombardement de milliers de bombes s´appelle une agression, et une attaque contre une installation civile s´appelle un crime », a signalé hier la première ministre de ce pays, Ana Brnabic.

Lors de l´inauguration dans cette capitale de la conférence internationale intitulée « La Fin de l´Impunité des Crimes contre les Journalistes », la chef de gouvernement a ainsi fait référence aux bombardements de l´Organisation du Traité de l´Atlantique Nord (OTAN) sur la Yougoslavie en 1999.

Le forum, convoqué par l´Association des Journalistes de Serbie (UNS) et la Radio et Télévision de Serbie (RTS), se déroule au siège de cette dernière institution médiatique, où le 23 avril 1999 sont décédés 17 travailleurs, dont des journalistes, producteurs, techniciens et autres personnels, à la suite d´un bombardement de l´alliance atlantique.

Brnabic a qualifié d´acte de vandalisme ce crime commis par l´aviation étasunienne sans aucune justification, dû à la décision de la plus puissante machine de propagande de la planète qui a elle-même considéré le siège de la RTS comme une « source de propagande » et l´a donc décrété être une « cible légitime ».

« La justice est nécessaire, et les standards valables pour les puissants doivent également l´être pour les plus faibles, dont la voix doit être écoutée une fois pour toute », a-t-elle manifesté.

Puis elle a ajouté que l´injustice, si elle n´est pas punie, se répète, réitérant que son pays continuera de dire qu´une agression est une agression et qu´un crime est un crime. Lors de la cérémonie d´ouverture un court documentaire au sujet de ce moment tragique vécu par les travailleurs de ce média publique a été présenté, puis Boban Kovacevic, présentateur du journal qui était en direct lors de ce crime, a raconté les faits et exprimé ses condoléances aux familles de ses collègues de travail décédés.

Il a rappelé que trois autres collègues, trois journalistes chinois, ont également été assassinés à Belgrade par l´OTAN au sein du bâtiment de l´Ambassade de Chine bombardé par cette alliance.

« Même si de nombreuses organisations ont qualifié ces actes de crimes de guerre, aucun de leurs auteurs n´a été jugé ni condamné pour ces faits », a-t-il souligné.

« Ceci ne doit jamais être oublié, comme ne peut non plus être pardonné », a estimé Kovacevic.

Vladimir Radomirovic, président de l´UNS, a quant à lui signalé que devaient également être ajoutés aux victimes de Belgrade les 15 collègues assassinés au Kosovo.

Lors de l´ouverture du forum le directeur général de la RTS, Dragan Bujosevic, s´est également exprimé en qualifiant d´énorme stupidité la déclaration faite à l´époque par les États-Unis, et selon laquelle cette institution serbe était le centre de communication et de commandement de l´armée, alors que s´y rendaient quotidiennement des correspondants de plusieurs pays occidentaux pour éditer et transmettre leurs reportages.

« On ne tue pas des journalistes et on n´attaque pas les médias, ce quelque soit la mesure du désaccord que l´on ait avec le contenu de ce qu´ils publient », a-t-il signalé.

Les autres orateurs de cette cérémonie ont été Jeremy Dear, vice-secrétaire général de la Fédération Internationale des Journalistes; Vladimir Soloviov, président de l´Union des Journalistes Russes, puis Jeremy Scahill, journaliste d´investigation et cofondateur de The Intercept, tous ayant travaillé sur place lors de l´agression de l´OTAN.

Scahill a raconté ce qu´il a vécu lorsqu´il a refusé le prix du gouvernement des États-Unis aux reporters ayant couvert cette époque et qu´il a interpelé Richard Holbrook, l´envoyé nord-américain pour les Balkans, au sujet des bombardements et des crimes contre des civils comme celui de la RTS.

Les participants au forum se sont ensuite rendu au monument érigé en honneur aux victimes de ce crime, et qui se trouve à côté du siège de la RTS.

peo/mv/rmh

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