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Les peuples indigènes affectés par la lenteur du processus de paix en Colombie

Nations Unies, 26 avril (Prensa latina) Les peuples indigènes de Colombie souffrent aujourd´hui du ralentissement de l´application du processus de paix et sont la cible de violences et d´assassinats contre les leaders sociaux dans ce pays.

 

C´est ce qu´a exprimé à Prensa Latina l´activiste Dayana Domico, qui appartient au peuple Embera de Colombie, et qui participe ces jours-ci au Forum Permanent des Nations Unies pour les Questions Indigènes.

« L´actuel Gouvernement de Bogotá est en train de réduire en miettes les points importants de l´Accord de Paix, alors que ceux-ci devraient être respectés et appliqués », a-t-elle expliqué.

« Il y a par exemple des aspects, comme celui du déminage des terrains, qui n´ont pas été respectés, et cela affecte nos communautés indigènes », a-t-elle signalé en faisant référence aux possibilités qu´ouvrent le forum de l´ONU pour mettre en lumière ces problèmes.

« Il y a en Colombie des assassinats de leaders sociaux, une augmentation des menaces à leur encontre, et de plus en plus de déplacements de peuples indigènes. Ce mois-ci il y a eu un attentat et neuf compagnons indigènes des peuples Embera et Nasa sont décédés », a-t-elle détaillé.

« Mais le Gouvernement reste silencieux à ce sujet, et il est de notre devoir d´aborder ces problèmes, de demander la sécurité pour ces communautés qui se trouvent sur des territoires où les affrontements entre groupes armés illégaux continuent », a-t-elle souligné.

L´activiste a fait observé que ces conflits provoquent des déplacements et que de nombreux peuples indigènes ont dû se rendre vers d´autres espaces compte tenu des risques et dangers qui persistent malgré le processus de paix.

« C´est pour cela que le fait de pouvoir venir au forum indigène à l´ONU nous permet d´informer les rapporteurs, les institutions du Gouvernement et d´autres peuples sur ce qu´il se passe en Colombie, et ainsi chercher des espaces pour favoriser de futures répercutions positives ».

« La vulnérabilité des droits dans mon pays est plus qu´importante, d´autant plus s´il s´agit des peuples originaires », a souligné Domico, qui fait également partie de l´Organisation Nationale Indigène de Colombie.

Cette instance travaille avec 90 des 105 peuples indigènes de cette nation, et Dayana Domico est également impliqué dans des activités concernant la condition des femmes, des enfants et des personnes âgées ou en relation avec les autorités spirituelles.

« Nous sommes venus à ce Forum avec ces expériences pour les partager, mais nous prenons également connaissance d´autres pratiques et demandes de différentes communautés dans le monde », a-t-elle exprimé.

Elle a ce sens fait référence à une « Minga » nationale qui se déroule actuellement en Colombie: il s´agit d´un type d´Assemblée indigène qui tente d´unir ces différents peuples pour que le Gouvernement réponde aux situations qui affectent ces communautés.

Maria Fernandez Espinosa, présidente de l´Assemblée Générale de l´ONU, qui défend le concept de la Minga, a expliqué qu´il s´agit d´un mot indigène qui fait référence à la construction collective et au travail uni destinés à obtenir un bénéfice pour la communauté.

Plus de mille représentants de communautés originaires participent depuis le 22 avril, et jusqu´au 3 mai, au Forum Permanent des Nations Unies pour les Questions Indigènes, centré cette année sur la transmission et la protection des connaissances traditionnelles.

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