mercredi 24 avril 2024 |
Prensa Latina - Qui sommes nous

| Contacter avec Prensa Latina

Agence d'information Latino-américaine
Édition française
Search
Close this search box.

Les États-Unis accusés d’intervenir dans les affaires intérieures de la Bolivie pour contrer l’avantage d’Evo Morales dans les sondages

Par Jorge Petinaud

La Paz, 23 juillet (Prensa Latina) L’avantage constant de la candidature d’Evo Morales sur son plus proche rival pour les prochaines élections présidentielles rend de plus en plus crédibles les accusations d’ingérence nord-américaine visant à unifier le vote de l’opposition.

Selon le premier sondage national réalisé par Ciesmori pour la chaine multimédia « El Deber » (« Le Devoir ») et publié dimanche, Morales est en tête avec 37 pour cent des intentions de vote et fait mieux que Carlos Mesa, le représentant de « Comunidad Ciudadana » ( CC, « Communauté Citoyenne »), son plus proche adversaire, qui n’obtient que 26 pour cent.

En troisième position, avec 9 pour cent des intentions de vote, arrive Oscar Ortiz, de l’ « Alianza Bolivia Dijo No » (BDN, l’ « Alliance Bolivie a dit non ») qui est suivi, en quatrième place, de Victor Hugo Cárdenas (trois pour cent); les autres candidats ne dépassant pas le un pour cent des intentions de vote.

Selon ce sondage de Ciesmori, les votes blancs ou nul totalisent environ 12 pour cent alors que six pour cent des personnes interrogées sont indécises, deux pour cent ont préféré ne pas révéler leurs intentions de vote et un pour cent n’a pas répondu.

Réalisé entre le 12 et le 18 juillet dans toutes les villes importantes et les communes rurales des Neuf départements de l’État Plurinational de Bolivie, ce sondage porte sur 2015 personnes et a une marge d’erreur de 2,2 pour cent.

À la vue de ces résultats, l’analyste de la vie politique bolivienne Hugo Moldiz estime que la droite doit concentrer en une seule candidature « le vote dur de la droite », en tenant bien compte du fait que « Evo est sur une courbe ascendante, Mesa sur une courbe descendante et que Ortiz est remonté et prend des voix au président ».

Se basant sur cette analyse, Hugo Moldiz – qui, en 2015, occupait un poste de ministre en Bolivie- dans un article intitulé « L’ingérence des États-Unis aggrave la crise de la droite bolivienne », affirme que Washington est responsable de la démission du vice-président du parti BDN, Edwin Rodríguez, en vue des élections générales du 20 octobre de cette année, ce qui rend plus difficile la position du président de BDN, Oscar Ortiz.

« Voilà pourquoi les agents de l’ambassade des États-Unis ont fait pression sur Rodríguez par le biais du Comcipo (le Comité Civique) et du Comité Pro Santas Cruz, avec l’aide, bien entendu, de quelques pots de vin bien distribués, et que Rodríguez a enfin démissionné de son poste de vice-président du BDN.

Et ce n’est pas la première fois que les États-Unis interviennent dans les affaires internes de la Bolivie, rappelle Hugo Moldiz. En effet, lorsqu’en 2017, le Tribunal Constitutionnel Plurinational de Bolivie émit un jugement favorable à la candidature de Morales-Garcia Linera, le Département d’État nord-américain insista pour qu’Evo Morales, le président indigène de la Bolivie, retire sa candidature pour les prochaines élections présidentielles.

De son côté, le Sénat nord-américain approuva une résolution allant dans le même sens. Carlos Mesa, quant à lui, s’est rendu aux États-Unis où il a rencontré de hauts fonctionnaires et des sénateurs et,  à son retour, il a répété devant la presse que, s’il gagnait les élections, il rétablirait des relations avec Washington pleines et entières au plus au niveau de l’État.

La Bolivie et les États-Unis ne maintiennent des liens que par des Ministres Conseillers depuis qu’en 2008 furent expulsés pour ingérence dans les affaires intérieures du pays sud-américain l’ambassadeur Philip Goldberg, ainsi que l’Agence Contre les Drogues (DEA, en anglais), et l’organisation nord-américaine pour le Développement (ou Usaid, en anglais).

Il ne faut pas oublier non plus que l’attitude extrêmement claire de Mesa  envers le Venezuela montre bien sa subordination aux intérêts nord-américains -malgré toutes ses promesses de faire comme Evo Morales, le dirigeant du Mouvement Vers le Socialisme, en ce qui concerne le maintien de l’indépendance nationale et la souveraineté de la Bolivie en matière de politique étrangère.

Mesa, qui est aussi journaliste et historien et se dit « démocrate », est allé jusqu’à affirmer devant  la presse qu’il apportait son soutien à Juan Guaidó, le président autoproclamé par intérim du Venezuela, bien que ce dernier ait déjà tenté deux coups d’État (qui ont avorté) et qu’il ait été accusé de corruption de grande ampleur, tout comme plusieurs de ses proches.

Dans tout ceci, l’objectif de Washington est de faire en sorte que, lors du premier tour de l’élection présidentielle, Morales n’obtienne pas plus de 40 pour cent des voix et que son avantage sur le second ne soit que de 10 pour cent, puis que,  grâce à ce ballottage, le vote de l’opposition se concentre sur un seul candidat au second tour.

Pour parvenir à ce but, selon Hugo Moldiz, Washington est donc prêt à sacrifier la candidature d’un Ortiz affaibli, et, avec l’apport des voix  de BDN, Carlos Mesa pourrait ainsi remporter l’élection.

Peo/tgj/jpm

EN CONTINU
notes connexes