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Nouveaux tarifs douaniers sur les produits chinois: cette fois, les consommateurs nord-américains vont en sentir le poids

Par Martha Andrés Román

Washington, 2 septembre (Prensa Latina) À moins d’un revirement inattendu de dernière heure, les États-Unis appliqueront depuis dimanche des taxes d’entrée sur des produits chinois dont la valeur est estimée à 112 milliard de dollars par an.

Il s’agit là d’une nouvelle escalade dans la guerre commerciale menée par le président Donald Trump, et qui, selon les médias et les experts, affectera les consommateurs nord-américains beaucoup plus durement que les augmentations de tarifs précédentes.

Lorsque, le 1er août, Trump a annoncé sa décision d’appliquer ces nouveaux prélèvements à partir du 1er septembre, il avait parlé de 10 pour cent d’augmentation, la valeur des produits concernés  étant alors de 300 milliards de dollars annuels.

En raison des critiques sur l’effet négatif de ces nouveaux prélèvements, Washington avait annoncé, le 13 août, que la mesure serait repoussée jusqu’au 15 décembre pour des produits comme les téléphones portables, les ordinateurs portables, les consoles de jeux vidéo, les jeux et certains autres articles comme les chaussures et les vêtements.

En plus de remettre à plus tard les tarifs d’entrée sur ces marchandises, le Bureau du  Représentant Commercial des États-Unis avait affirmé que d’autres marchandises « touchant la santé, la sécurité nationale et d’autres facteurs » seraient totalement éliminées de la première liste.

Face à l’agressivité croissante de la politique douanière du président républicain, Beijing a décidé, le 23 août, d’appliquer également, à partir du 1er septembre, des tarifs d’entrée allant de 5 à 10 pour cent sur des marchandises nord-américaines dont la valeur annuelle est estimée à 75 milliards de dollars, les véhicules et les produits agricoles faisant partie de la liste.

Gêné par cette réponse du géant asiatique, Trump a décidé de poursuivre l’escalade et a fait savoir, le jour même, que les États-Unis commenceront à appliquer, dès le 1 er septembre, des tarifs de 15 pour cent, et non de 10 pour cent, comme initialement prévu.

En outre, la Maison Blanche a indiqué qu’à partir du 10 octobre, elle augmentera de 25 à 30 pour cent les tarifs appliqués depuis plusieurs mois déjà sur des marchandises importées de Chine ayant une valeur estimée à 250 milliards annuels.

Ainsi donc, depuis dimanche, les compagnies étasuniennes doivent payer 15 pour cent plus cher des marchandises chinoises d’une valeur annuelle estimée à 112 milliards de dollars. La mesure touche des produits aussi variés que des montres digitales, des téléviseurs, des chaussures, des couches pour bébé, des articles de sport, de la viande et des produits laitiers.

Pour la première  fois depuis que Trump s’est lancé dans cette guerre commerciale, les foyers nord-américains vont se trouver confrontés à des augmentations de prix, car de nombreuses compagnies se verront obligées de reporter sur leurs clients les coûts plus élevés de leurs achats, a indiqué hier l’agence Associated Press.

J.P Morgan, la compagnie financière, fait la même analyse: elle estime que cette nouvelle hausse de tarifs douaniers va se reporter sur le consommateur et coûtera environ mille dollars par an aux familles nord-américaines.

À quoi il faut ajouter que plus de 160 groupes industriels ont condamné ces nouvelles taxes ainsi que l’escalade de la guerre douanière entre les États-Unis et la Chine. Plus de 30 compagnies nord-américaines rendent ces nouveaux prélèvements responsables des décevants bénéfices qu’elles ont enregistrés au second trimestre de cette année selon une étude publiée par la compagnie financière Wells Fargo.

Mais malgré toutes les condamnations qu’il reçoit à ce sujet, Trump s’en est pris hier aux « compagnies faibles et mal gérées » qui, selon lui, l’accusent à tort d’être les victimes des prélèvements qu’il impose à la Chine, et il n’a pas oublié, non plus, de déverser sa colère contre la Réserve Fédérale (Fed).

« Si la Fed diminuait les taux d’intérêt, nous connaîtrions l’une des plus grandes croissances commerciales depuis de nombreuses années. On comprend que des compagnies faibles et mal gérées accusent ces petites augmentations de tarifs douaniers au lieu de s’en prendre à elles-mêmes et à leur mauvaise gestion… Et qui pourrait vraiment leur reprocher de le faire? Mille excuses! », a twitté le président.

Même après que le sénateur républicain Pat Toomey ait déclaré qu’ « il n’y a aucun doute » du fait que la guerre commerciale est en train de contribuer à un ralentissement de l’économie, Donald Trump a persisté à défendre sa stratégie économique si controversée.

« Et que veut-il que je fasse, Pat Toomey? Que je baisse les bras et que je continue à laisser la Chine nous rouler? », a-t-il déclaré, jeudi dernier, lors d’un entretien à Fox News Radio, bien qu’il ait ajouté que les conversations avec Beijing pour trouver un accord commercial se poursuivaient.

Mails il s’est bien gardé de donner une date pour ces nouvelles négociations entre les deux pays, qui se sont énormément éloignés depuis que Trump a annoncé, en mai dernier, que Washington et Beijing étaient sur le point de conclure un « accord épique ».

Le chef de la Maison Blanche a fait des améliorations économiques obtenues par son administration sa carte maîtresse pour tenter de se faire réélire aux présidentielles de 2020, mais il risque d’avoir de mauvaises nouvelles si les effets négatifs prédits par les experts s’avèrent exacts et si la population commence à sentir davantage le poids de sa politique économique.

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