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Les socialistes reviennent au Parlement pour le dialogue au Venezuela

Par Wiliam Urquijo Pascual

Caracas, 24 septembre (Prensa Latina) Le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) et ses alliés du Grand Pôle Patriotique reviennent aujourd’hui à l’Assemblée Nationale (Parlement inhabilité depuis 2016) dans le cadre des efforts pour la coexistence pacifique dans le pays.

A la suite des accords partiels signés par le pouvoir exécutif et diverses organisations d’opposition, les députés proches du gouvernement de Nicolas Maduro rejoignent ce mardi l’organe législatif, pour assurer la continuité des points arrêtés lors de la table de dialogue nationale qui a été mise en place la semaine dernière.

Dans une allocution publique, le mandataire vénézuélien a précisé que la proposition de réintégration avait été soumise à un processus d’évaluation et de consultation au sein des organisations membres du bloc bolivarien, en faveur de l’établissement d’un débat démocratique au sein de l’instance parlementaire.

‘Nous présenterons des propositions à l’Assemblée Nationale pour voir s’il y a accord avec certains secteurs pour la sortir de l´inhabilité constitutionnelle décrétée par la Cour Suprême de Justice (TSJ); nous allons faire ce pas, vers le dialogue et la paix’, a souligné le chef de l’État.

La plus haute instance judiciaire a réitéré à plusieurs reprises l’atteinte à l’état de droit et à tous les pouvoirs publics par le Parlement, organe qui se trouve en outrage depuis 2016 pour irrégularités dans l’élection de trois de ses membres et dont les actes sont absolument nuls.

Au cours des derniers mois, plusieurs décrets sans fondement légal ont été pris au sein du Législatif dont la majorité est d’opposition, notamment l’approbation du retour du Venezuela au Traité Interaméricain d’Assistance Réciproque (TIAR), dénoncé par les autorités comme une tentative de légitimer une intervention militaire dans le pays.

Basé sur l’argument que l’Assemblée Nationale constitue le seul pouvoir légitime et en vertu d’une interprétation aberrante de la Constitution, le 23 janvier 2019 le député Juan Guaidó s’est autoproclamé président en charge de la nation, avec le soutien des États-Unis et de leurs alliés internationaux.

Afin de trouver une issue négociée à la crise politique qui sévit dans le pays sud-américain, la veille, des représentants du gouvernement et de l’opposition ont tenu une nouvelle rencontre, afin de faire progresser les nouveaux accords partiels de la Table de Dialogue National.

Jorge Rodriguez, vice-président et ministre de la Communication, de la Culture et du Tourisme, a indiqué que l’initiative comporterait huit instances complémentaires.

La première concernera le pouvoir électoral, les garanties électorales et la représentation proportionnelle; la seconde portera sur l’étude de cas à renvoyer à la Commission Vérité, Justice, Paix et Prise en Charge des victimes de violences politiques, et la troisième concernera la souveraineté et l’intégrité territoriale.

La quatrième portera sur l’économie nationale, notamment sur les sanctions brutales imposées par les États-Unis et l’Union européenne à l’encontre du pays.

La cinquième table est consacrée à l’équilibre institutionnel et politique, qui examinera des thèmes tels que la coexistence entre les pouvoirs publics et l’Assemblée Nationale Constituante, tandis que la sixième est consacrée aux droits sociaux, qui traitera de questions telles que les services publics, la santé, l’éducation, l’eau et l’immigration, a déclaré Rodriguez.

Par ailleurs, la septième concernera les partis politiques et la huitième les mouvements sociaux, elles accueilleront des organisations autochtones, des organisations de femmes, de travailleurs, de paysans, de la diversité sexuelle, entre autres.

‘Les forces vives du Venezuela, tant politiques, économiques et sociales qui veulent se joindre à cette journée de dialogue national seront convoquées’, a déclaré le vice-président.

Il a réaffirmé que l’objectif de cet accord politique était de maintenir ‘une position inébranlable d’attachement au dialogue, à la recherche d’accords pour maintenir la paix dans la République, malgré les menaces de secteurs extrémistes de l’opposition vénézuélienne’.

« Nous avons dit que cette table était ouverte pour que l’on puisse parvenir à des accords consensuels », a-t-il insisté.

Les partis d’opposition signataires de l’accord se sont séparés de cette aile extrémiste de la droite –dont le leadership est construit à base de muscle médiatique et de soutien international- qui a promu des agressions à caractère politique et économique, a conspiré dans l’embargo des actifs du pays à l’étranger et a même joué un rôle dans une tentative de coup d’État.

De l’avis du journaliste et communicateur uruguayen Aram Aharonian, directeur du Centre Latino-Américain d’Analyse Stratégique, la Table de Dialogue National entre le Gouvernement et une partie de l’opposition semble être un pas réaliste dans la recherche de solutions à la crise vénézuélienne.

‘Elle brise l’imaginaire collectif installé par les États-Unis et les médias hégémoniques sur une polarisation entre le gouvernement constitutionnel et un univers d’opposition que devait mener Juan Guaidó, en alléguant de prétendues majorités’, a noté l’expert dans un article publié sur le portail Alainet.org.

Il a précisé qu’avec cet accord, le Gouvernement avait obtenu la reconnaissance d´une grande partie de l´opposition, ce qui invalide les allégations d’illégalité émanant des États-Unis, de la Colombie et de l’Organisation des États Américains.

Ce qui a été contesté, c’est précisément la légalité de Guaidó et son prétendu leadership. Sa crédibilité a été réduite en cendre, notamment après les révélations de photos avec des trafiquants de drogue et des paramilitaires colombiens, que les médias hégémoniques se sont rapidement efforcés de rendre invisible’, a-t-il indiqué.

D´autre part, le chancelier du Venezuela, Jorge Arreaza, et la haute commissaire aux droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Michelle Bachelet, ont signé hier un mémorandum d’accord pour la coopération future.

Dans le cadre de ce document, la possibilité d’un accord instituant un bureau de l’ONU au Venezuela a été examinée.

Le mémorandum prévoit le renforcement des mécanismes nationaux de protection des droits de l’Homme et de l’accès à la justice, tout en facilitant les visites éventuelles de rapporteurs spéciaux des Nations Unies au cours des deux prochaines années.

Les détails de ces activités seront arrêtés dans un plan de travail qui devra être conclu entre le gouvernement de la nation sud-américaine et le Bureau des Droits de l’Homme de l’ONU dans les 30 jours suivant la signature.

‘Mon bureau et moi-même sommes déterminés à travailler en étroite collaboration avec les autorités, ainsi qu’avec les organisations de la société civile, pour promouvoir et protéger les droits de l’Homme et les libertés fondamentales de tous dans le pays’, a souligné Bachelet.

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