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L’opposition en Haïti rejette la commission visant à faciliter le dialogue national

Port-au-Prince, 10 octobre (Prensa Latina) Plusieurs personnalités de l’opposition haïtienne ont rejeté hier la commission désignée par le gouvernement pour conduire les débats du dialogue national menant à la résolution de la crise.

Selon le sénateur Sorel Jacinthe, ancien allié du gouvernement, il n’est actuellement pas possible de dialoguer avec le chef de l’État, Jovenel Moïse, et il l’a exhorté à quitter le pouvoir dès que possible.

La plate-forme Secteur Démocratique et Populaire s’est également opposée à la proposition du Palais National, notant qu’elle n’était pas crédible.

‘Nous sommes déjà concentrés sur la Journée Nationale de Mobilisation, vendredi 11 octobre’, a écrit sur son compte Twitter l’avocat et porte-parole du Secteur, André Michel.

Il a ajouté que les principaux dirigeants de l’opposition n’accepteraient pas de se réunir un comité voué à l’échec.

La veille, Moïse a nommé une commission de sept personnalités, dont l’ancien premier ministre Evans Paul, et a assuré qu’il ferait tout son possible pour rétablir la stabilité et le progrès socioéconomique et politique du pays.

Toutefois, les opposants insistent sur la démission immédiate du président, qu’ils accusent également de mauvaise gestion des fonds publics, soutenus par un rapport de la Cour Supérieure des Comptes.

La manifestation prévue pour demain doit se rendre aux abords de la résidence présidentielle dans cette capitale, ‘pour recueillir sa lettre de démission’, a assuré Michel à la presse.

Depuis la mi-septembre, les manifestations antigouvernementales se sont intensifiées à Port-au-Prince et dans d’autres villes et, selon les données officielles, cinq personnes ont été tuées et une trentaine blessées.

Toutefois, le Réseau National pour la Défense des Droits de l’Homme a enregistré 17 morts et plus de 200 blessés pendant les jours de mobilisation.

Selon l’aile la plus radicale de l´opposition, les manifestations actuelles n’ont pas pour seul objectif de renverser Moïse, mais de changer le système.

En conférence de presse, Antonio Cheramy, sénateur et l’un des visages les plus visibles de l’opposition institutionnelle, a assuré que « la bataille que nous menons n’a pas pour but de remplacer quelqu’un. Si nous suivons cette logique, les gens ne cesseront jamais de souffrir ».

Le législateur, également du Secteur Démocratique et Populaire, a affirmé que la lutte est pour les classes défavorisées, pour ceux qui vivent dans des endroits reculés, qu´il s´agit d´ ‘une bataille pour changer le système’.

Les manifestations, qui en sont à leur quatrième semaine consécutive, ont paralysé la plupart des activités éducatives, commerciales, économiques, de l’administration publique et des services dans tout le pays.

Pour l’économiste et militant politique Camille Chalmrs, il est vital pour le peuple haïtien de gagner cette lutte contre Jovenel Moïse pour pouvoir entrer dans un processus d’édification nationale, et matérialiser les revendications centrales des citoyens.

Les gens sont d’accord avec certains slogans, mais ils expriment leur indignation et leur rejet d’un système, ce n’est pas seulement contre Jovenel Moïse en tant que personne, mais ce qu’il symbolise, a-t-il affirmé à Prensa Latina.

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