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La procédure d’extradition d’Assange mettra à l’épreuve la justice britannique

Par Nestor Marin

Londres, 23 décembre (Prensa Latina) L’ancien consul d’Équateur au Royaume-Uni, Fidel Narváez, a estimé hier que le procès d’extradition du fondateur de Wikileak, Julian Assange, vers les États-Unis mettra à l´épreuve l’indépendance du système judiciaire britannique.

Il faudra voir si la justice britannique est capable de résister aux pressions des États-Unis pour extrader Assange, a déclaré l’ancien diplomate, en référence au procès qui débutera le 24 février prochain à la Cour de Westminster.

Selon Narváez, qui a travaillé au sein de la représentation diplomatique équatorienne à Londres entre 2010 et 2018, il existe un risque très élevé que le journaliste australien soit remis aux procureurs nord-américains, bien qu’un traité signé par les deux pays interdise l’extradition pour des délits politiques.

Les Gouvernements du Royaume-Uni et des États-Unis entretiennent une relation qu’ils qualifient de spéciale, mais qui est à long terme une relation de soumission de Londres à Washington, a déclaré l’ex-consul à Prensa Latina.

À cet égard, il a rappelé que, dans le domaine de la sécurité nationale, cette dépendance a été constante, au point de s´engager ensemble dans des guerres illégales.

Narváez, qui a vécu avec Assange pendant six des sept années où le cyber-activiste a été réfugié à l’ambassade de l’Équateur à Londres, a indiqué que son extradition vers les États-Unis serait la plus grande menace à la liberté d’expression pour toute une génération.

Elle créerait un précédent terrible, car ce serait la première fois qu’ils appliqueraient la loi de l’espionnage de manière extraterritoriale, et contre la garantie des pays européens contre la persécution politique, a-t-il affirmé.

Concernant l’enquête menée par un juge espagnol sur l’espionnage présumé auquel Assange a été soumis au sein de l’ambassade équatorienne, l’ancien fonctionnaire a estimé qu’il était important de prouver que le fondateur de Wikileaks était espionné par la société espagnole UC Global, chargée de la sécurité du bâtiment.

La vie privée d’Assange, et du reste du personnel diplomatique, a certainement toujours été envahie par UC Global, ce que nous avons toujours suspecté, même si à l’époque nous ne savions pas, comme cela est maintenant dénoncé, que cette entreprise a vendu cette information à la CIA, a-t-il signalé.

Selon Narváez, les agents d’UC Global étaient particulièrement intéressés par les réunions que le fondateur de Wikileaks tenait avec ses avocats et les conversations avec les visiteurs. Tout cela montre qu’Assange n’aura jamais un procès équitable aux États-Unis, parce que ses persécuteurs ont eu recours à des méthodes illégales, surtout en raison de l’invasion de sa vie privée et la violation du droit à la confidentialité qui existe entre les avocats et leur client, a-t-il commenté.

De l’avis de l’ancien consul, il est nécessaire de délimiter deux périodes du séjour d’Assange à l’ambassade équatorienne de Londres entre 2012 et 2019 : les six premières années sous le gouvernement du président Rafael Correa, quand il a été protégé, et la dernière, lorsque, après l’arrivée au pouvoir de Lénine Moreno, la protection lui a été retirée et il a été remis à la police britannique.

Le cyber-activiste de 48 ans est enfermé dans la prison londonienne de Belmarsh depuis son arrestation au sein de la légation diplomatique en avril dernier, et a été condamné à 50 semaines de prison pour avoir violé une caution liée à une affaire d’infractions sexuelles présumées commises en Suède, qui a ensuite été rejetée.

Bien qu’Assange soit éligible depuis septembre dernier à une libération conditionnelle, la juge Vanessa Baraister a décidé qu’il devait attendre en prison pour la tenue du procès d’extradition, qui doit commencer le 24 février prochain.

S’il est remis aux États-Unis, le journaliste australien pourrait être condamné à 170 ans de prison pour la publication sur le portail Wikileaks de centaines de milliers de documents et archives secrets de la diplomatie et de l’armée étasuniennes.

peo/mem/nm

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