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Racisme et répression troublent le climat pré-électoral en Bolivie

La Paz, 6 janvier (Prensa Latina) Le racisme anti-indigène, dont la présidente putschiste Jeanine Áñez s’est vantée ces derniers jours, et la répression constante contre ceux qui sont en désaccord avec le régime nuisent au climat de la prochaine campagne électorale en Bolivie.

Le Tribunal Suprême Électoral (TSE) a fixé vendredi dernier au 3 mai les nouvelles élections générales, annonce qui a fait abstraction du contexte que de larges secteurs considèrent comme dépourvu des conditions démocratiques nécessaires à la joute électorale.

Dans un pays à majorité indigène, frappée par le renversement de son leader, Evo Morales, en novembre dernier, la chef du régime putschiste a appelé à l’unité politique contre le Mouvement Vers le Socialisme (MAS) de Morales, pour empêcher « que les sauvages puissent revenir au pouvoir ».

Sa proposition d’un bloc de ‘tous contre le MAS’ a été faite lors d’une visite dans la ville centrale de Sucre, capitale historique de la Bolivie, le jour même où un sondage privé a montré que le parti de Morales reste le premier dans les préférences citoyennes, bien qu’il n´ait pas encore nommé son candidat et malgré la persécution subie.

Le racisme d’Áñez est allé plus loin et a revendiqué les événements honteux du 24 mai 2008, lors d’une des tentatives de la droite visant à renverser Morales, lorsqu’un groupe d’indigènes andins ont été insultés lors de leur passage à tabac, forcés de marcher à moitié nus dans les rues de Sucre, de s’agenouiller et d’embrasser le sol.

Áñez a de plus rendu hommage, les qualifiant de victimes, à la gouverneur de l’époque de Chuquisaca, le département dont Sucre est la capitale, Savina Cuéllar, et d’autres meneurs de cette action.

Elle leur a rendu hommage et les a qualifiés de victimes, affirmant que ces événements avaient été provoqués par le gouvernement du MAS.

Le racisme anti-indigène a été une constante pendant la campagne de déstabilisation de Morales et se maintient sous le régime putschiste, parallèlement aux actions de répression et d’intimidation contre les opposants au régime.

Presque tous les jours, des dirigeants du MAS et d’organisations sociales, ainsi que d’anciens fonctionnaires ou collaborateurs du gouvernement de Morales, sont accusés de sédition et de terrorisme et dans certains cas de corruption, puis arrêtés à la demande du gouvernement, en attente du Ministère Public et du Pouvoir Judiciaire.

Il y a aussi de nombreux cas de simples citoyens réprimés comme subversifs, dont Alejandra Salinas, étudiante en maîtrise en Études Féministes à l’Institut des Sciences du Développement (Cides) de l’Université Major de San Andrés de La Paz, arrêtée le 31 décembre et dont la libération a été demandée par le centre susmentionné.

‘Le Cides demande aux autorités compétentes le respect absolu de ses droits et la prise en compte des risques que la condition de genre implique généralement dans ces cas’, a signalé un communiqué de l’entité.

Trois jours avant son arrestation, la jeune fille avait annoncé sur ses réseaux Internet qu’elle s’en retirait parce qu’elle était victime de harcèlement et de persécution et par crainte d’atteintes à sa vie et à celle de sa famille.

Elle avait rapporté qu’en novembre dernier, quatre ‘pititas’ -groupes de jeunes des secteurs moyen et supérieur créés pour le coup d’État- lui avaient pris son téléphone portable et avoir été victime d’une tentative de viol.

En outre, l´étudiante avait indiqué qu’un propagandiste du régime sur Internet, Simon Dice, avait rendu publiques ses données personnelles, en guise d’invitation à agir contre elle.

Entre-temps, les massacres de Sacaba et d’El Alto, au cours desquels une vingtaine de manifestants anti-putschistes ont été tués par des militaires et des policiers au service du gouvernement d’Áñez, demeurent impunis.

peo/rgh/Mrs

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