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Arrestation d’un médecin syndicaliste en vertu de l´état d’urgence au Pérou

Lima, 23 mars (Prensa Latina) La police a notamment arrêté hier le secrétaire général du Syndicat National des Médecins de la Sécurité Sociale du Pérou (EsSalud), Teodoro Quiñones, alors qu’il dénonçait lors d’une conférence de presse des irrégularités dans cette entité.

Le syndicat a dénoncé les arrestations, supposément en vertu de l’état d’urgence instauré pour faire face à la pandémie de Covid-19, et a précisé que la police avait fait irruption dans l’un des locaux syndicaux d’EsSalud lors d’une conférence de presse organisée par des dirigeants de différents syndicats.

Les syndicats de médecins, d’infirmières et d’autres travailleurs d’EsSalud avaient convoqué la conférence de presse pour dénoncer les défaillances de l’entité, dont ils accusent la présidente, l’économiste néolibérale Fiorella Molinelli, d´être responsable de la situation.

Ils soutiennent que Molinelli doit être démise de ses fonctions pour son incapacité honteuse à faire face à la pandémie de coronavirus et rappellent qu’elle fait l’objet d’une enquête du Ministère Public pour corruption présumée commise alors qu’elle occupait un autre poste au sein de l´appareil de l’État.

Ils invoquent notamment comme preuve de son incapacité le fait qu’un malade du nouveau coronavirus attendait depuis plusieurs jours le résultat d’un examen pour possible Covid-19, contagion confirmée dont il n’a pas été informé et dont il n’a pas été traité en temps voulu.

Les syndicats d’EsSalud accusent également Molinelli de diverses irrégularités et carences, telles que l’absence de masques et d’autres matériaux de protection pour les médecins et les infirmières en danger de contagion face au Covid-19. Au moins 10 d’entre eux sont infectés.

Presque au même moment de l’incident, le nouveau ministre de la Santé, Victor Zamora, a annoncé la décision de « prendre soin de ceux qui nous soignent », en dotant dans les prochains jours les agents de santé du système public de vêtements de biosécurité.

La Confédération Générale des Travailleurs du Pérou (CGTP) a exprimé sa solidarité avec les personnes arrêtées et protesté contre ce qu’elle a qualifié d’attentat à la liberté individuelle et à la liberté d’expression et a demandé qu’il soit donné suite à leurs demandes, notamment la demande de démission de Fiorella Molinelli.

Le doyen du Collège médical du Pérou, Miguel Palacios, a déploré cette mesure, prise en pleine crise sanitaire dans laquelle les médecins luttent au-delà de l’accomplissement de leur devoir contre la pandémie.

La police a fait valoir que les syndicalistes avaient été arrêtés pour avoir violé l’état d’urgence contre le nouveau coronavirus, qui, selon elle, interdit les réunions et les manifestations, et qu’ils seraient donc poursuivis devant le ministère public.

Le Syndicat des médecins de la Sécurité sociale a rejeté la version policière et a soutenu que l’arrestation était arbitraire parce que les détenus ont fait usage de leur droit à la liberté d’expression et à l’activité syndicale, qui ne violent pas l’état d’urgence.

Peo/Jha/Mrs/ mgt/Mrs

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