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Face à la pandémie, les appels à la fin du blocus contre Cuba s´intensifient aux Nations Unies

Par Ibis Frade*

La Havane, 28 mai (Prensa Latina) Cuba a envoyé des brigades médicales dans diverses régions du monde pour aider à faire face à la pandémie de Covid-19, mais l’île n’a pas pu recevoir les ressources nécessaires parce que les États-Unis ont bloqué l’arrivée de ces cargaisons.

Cette situation a suscité le rejet de la part de la communauté internationale et de nombreuses organisations multilatérales telles que l’Organisation des Nations Unies.

Au début du mois, le coordonnateur de l’aide d’urgence de l’ONU, Mark Lowcock, a appelé à une révision des mesures coercitives unilatérales imposées à divers pays, comme c’est le cas du blocus des États-Unis contre Cuba.

Répondant à une question envoyée par Prensa Latina par courrier électronique, le haut fonctionnaire de l’ONU a déclaré lors d’une rencontre virtuelle que tous les États devaient s’entraider au milieu de la pandémie de Covid-19.

L’ONU estime qu’il faut s’assurer qu’aucune sanction n’entraîne des conséquences involontaires qui finissent par entraver ou rendre plus difficile la lutte contre cette pandémie, a déclaré Lowcock.

‘Nous attendons donc de tous les pays qu’ils revoient les mesures qu’ils ont imposées’, a-t-il précisé.

Le coordinateur de l’aide d’urgence de l’ONU a également reconnu le travail accompli par les professionnels de la santé cubains dans de nombreux pays et l’a qualifié d’exemple de solidarité mondiale.

La secrétaire générale adjointe des Nations Unies, Amina Mohammed, a également souligné le soutien précieux apporté par Cuba dans la lutte contre la pandémie.

Au cours d’une séance d’information virtuelle de l’Alliance des petits États insulaires en développement, tout en examinant les effets du nouveau coronavirus et les actions mondiales pour le combattre, elle a souligné la contribution solidaire de la plus grande des Antilles et de ses brigades médicales.

Ces actions vont de pair avec les efforts déployés au niveau mondial pour lutter contre la crise sanitaire actuelle et sauvegarder les acquis des Nations Unies et de ses États membres, a-t-elle signalé.

Dans le même temps, les rapporteurs spéciaux de l’ONU ont souligné que les États-Unis doivent lever le blocus imposé à Cuba, siège qui entrave les réponses humanitaires pour soutenir ce pays des Caraïbes dans le combat contre le Covid-19.

Dans un rapport publié à la fin du mois d’avril, les experts des Nations Unies en matière de droits de l’Homme ont exhorté le gouvernement nord-américain à lever les mesures qui érigent des barrières commerciales à l’encontre de l’île.

Ils ont également demandé à Washington d’interdire les droits de douane, les quotas et les mesures non tarifaires, y compris celles qui empêchent de financer l’achat de médicaments, de matériel médical, de denrées alimentaires et d’autres biens essentiels.

Les rapporteurs de l’ONU ont déclaré que Washington a ignoré les appels répétés à la levée des sanctions qui sapent la capacité de Cuba et d’autres pays à répondre efficacement à la pandémie et à sauver des vies.

‘Dans l’urgence pandémique, le manque de volonté du gouvernement des États-Unis de suspendre les sanctions peut conduire à un risque accru de telles souffrances à Cuba et dans d’autres pays touchés par ses sanctions’, ont indiqué les experts de l’ONU.

Depuis le début de la pandémie, l’impact du blocus imposé par les États-Unis à Cuba impose une charge financière supplémentaire, des délais de transport plus longs pour les marchandises en raison de l’impossibilité d’obtenir des fournitures, réactifs, équipements et médicaments pour le diagnostic et le traitement de la maladie directement des États-Unis ou de pays proches, ont-ils expliqué.

Tout cela limite l’efficacité de la réponse et retarde le développement des technologies de la santé en raison des difficultés d’accès, ont ajouté les rapporteurs qui font partie de ce que l’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Ils ont également expliqué que le blocus commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba et les sanctions imposées à d’autres pays nuisent gravement à la coopération internationale visant à enrayer la pandémie, à soigner les patients et à sauver des vies : il s’agit d’une question extrêmement importante et urgente, ont-ils insisté.

En raison de ce mécanisme, l’exportation et la réexportation de marchandises à Cuba exigent un processus de licences lourd et coûteux, qui peut prendre plusieurs mois, ce qui compromet l’efficacité de l’achat de médicaments, de matériel médical et de technologie.

Malgré les mises à jour du 16 avril dernier de la fiche de données de l’Office de contrôle des avoirs étrangers des États-Unis, qui fournit des orientations sur les exemptions humanitaires (y compris celles de Cuba), les experts des Nations Unies ont mis en garde contre le fait que les procédures onéreuses n’ont pas été assouplies ou modifiées.

Cuba fait preuve de solidarité. Les États-Unis bloquent.

Cuba a envoyé des centaines de ses médecins dans les pays riches et pauvres du monde pour soutenir la lutte contre le Covid-19, tandis que les États-Unis ont bloqué l’arrivée sur l’île de matériel médical et de dons solidaires.

C’est ainsi que la représentante permanente suppléante de Cuba auprès de l’Organisation des Nations Unies, Ana Silvia Rodriguez, s´est exprimé sur son compte Twitter officiel.

Du matériel, des médicaments, des fournitures, des vivres et du carburant ont été envoyés d’autres pays en solidarité avec le peuple cubain face à la pandémie, mais le blocus étasunien entrave leur arrivée sur l’île, a-t-elle indiqué.

Elle a ajouté que ce blocus était le principal obstacle à l’achat du matériel nécessaire pour faire face à la pandémie, ainsi qu’à la fourniture et à la réception de l’aide internationale.

L’ambassadrice a cité l’exemple du géant chinois du commerce électronique Alibaba, qui a fait don à Cuba de fournitures médicales pour lutter contre le Covid-19 qui n´ont jamais pu atteindre l´île en raison du blocus.

Le recours aux sanctions en tant qu’instrument de politique étrangère est inadmissible pendant une pandémie, a souligné la diplomate en appelant à donner la priorité à l’esprit de coopération, de multilatéralisme et de solidarité face à la propagation du nouveau coronavirus.

À cet égard, elle a rappelé les appels répétés du secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à renforcer la solidarité et la coopération pour faire face à la pandémie de Covid-19.

Malgré le blocus nord-américain, a souligné Rodriguez, Cuba continuera d’apporter son soutien solidaire au monde et ‘nous pourrions faire beaucoup plus si cette politique génocidaire était levée’.

Selon les chiffres officiels, plus de 2.500 professionnels de la santé cubains appartenant au contingent internationaliste Henry Reeve ont fourni des services dans 24 pays pour faire face à la pandémie.

À cet effort s’ajoutent les plus de 28.000 collaborateurs cubains qui travaillent dans 59 pays du monde.

Depuis que le Covid-19 a commencé à s’étendre sur la planète, les autorités de l’ONU et d’autres instances internationales ont demandé la levée des sanctions et des mesures coercitives unilatérales contre des pays comme Cuba, le Venezuela, la Syrie et l’Iran.

Les États-Unis, loin d’assouplir les restrictions, les renforcent et ajoutent de nouvelles mesures coercitives unilatérales.

* Correspondant de Prensa Latina à l’ONU.

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