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Covid-19 : pauvreté pour beaucoup et opulence pour quelques-uns

Covid-19 : pauvreté pour beaucoup et opulence pour quelques-uns

La Havane, 19 juillet (Prensa Latina) Les perspectives pour l’Amérique latine et les Caraïbes sont aujourd’hui très complexes, bien que la région ait connu une reprise en 2021. Nonobstant, des changements nécessaires et profonds doivent être apportés au modèle de développement, a assuré la Cepal. 

« Si ces changements ne sont pas effectués, nous ne pourrons pas sortir de cette trajectoire de croissance descendante », a récemment déclaré la secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) Alicia Bárcena, lors de la présentation d’un nouveau rapport spécial contenant des projections économiques, et ce plus d’un an après le début de la pandémie de Covid-19.

Bien que cette agence des Nations unies ait relevé son estimation de croissance régionale pour cette année à 5,2 % en raison d’un rebond qui ne garantit pas une expansion soutenue, elle a prévenu que les impacts sociaux de la crise s’aggravent et persisteront pendant la reprise.

Mais cette augmentation sera insuffisante pour couvrir la contraction de 6,8 % subie l’année dernière du fait de la Covid-19, tandis qu’en 2022, 19 des 33 pays n’auront pas retrouvé leur produit intérieur brut d’avant la pandémie.

Bárcena a manifesté que la crise avait exacerbé les problèmes structurels et qu’il était plus urgent que jamais d’entreprendre des changements essentiels « en vue de l’égalité » qui élimineront « une fois pour toutes la culture du privilège exprimée par l’évasion ».

Elle a fait allusion aux fonds illicites, aux dépenses fiscales inéquitables et à la concentration excessive des richesses.

Elle a ajouté que si ces questions ne sont pas abordées et que les secteurs de l’éducation et la santé ne sont pas restructurées, la région ne récupérerait pas cent pour cent des emplois perdus et continuera sur la voie qu’elle suit actuellement, avec une augmentation de la pauvreté, de l’extrême pauvreté, des inégalités et de la dégradation de l’environnement.

Il y a de bonnes raisons qui ont conduit Bárcena à faire une demande aussi urgente aux gouvernements, aux décideurs publics et aux forces de changement de la région, car face à ce scénario épineux, qui aggrave la situation des plus vulnérables générée par la  Covid-19, le nombre de milliardaires a également augmenté.

À l’opposé de la pauvreté, de la faim et du chômage, la richesse des personnes les plus riches d’Amérique latine a augmenté de plus de 40 % en une seule année de pandémie.

Les données de la liste annuelle 2020, publiée par Forbes en mars 2020 au début de la crise sanitaire, ont montré un total de 76 milliardaires dans la région avec une valeur nette combinée de 284 milliards de dollars.

Dans la mise à jour de ces informations de mars 2021, apparaît une croissance marquée de ces personnes avec un total de 105 milliardaires, qui amassent une richesse de 448 milliards de dollars.

Alors que des millions de personnes tombent dans la pauvreté, le nombre de milliardaires a explosé en Amérique latine depuis le début de la pandémie, un phénomène auquel les gouvernements doivent répondre par des mesures fiscales et réglementaires, selon Luis Felipe López-Calva, le directeur régional du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Globalement, pendant la pandémie, le nombre total de personnes fortunées en Amérique latine et dans les Caraïbes a augmenté de 31 milliardaires et leur valeur nette combinée a augmenté de 196 milliards de dollars, ce qui correspond à peu près à la taille de l’économie de l’Équateur », a-t-il expliqué récemment.

Il convient de noter qu’environ trois quarts des magnats de la région sont originaires du Brésil et du Mexique, a-t-il ajouté.

À ce sujet, le directeur régional du PNUD a précisé que la génération de richesses n’est pas une chose négative, mais qu’elle doit conduire à une discussion sur les actions publiques, surtout à une époque où la pauvreté augmente rapidement.

Ce que nous devons voir, c’est comment cette richesse est transmise ou transférée aux ménages en général en termes de bien-être et de progrès social, a-t-il signalé.

Pour l’économiste mexicain, la priorité devrait être d’augmenter les impôts sur les grandes entreprises et de le faire de manière coordonnée, avec des accords au niveau régional ou mondial pour éviter une concurrence à la baisse entre les pays.

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