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La crise ukrainienne encouragée par les États-Unis et l’Europe, qui ont ignoré les avertissements

Mexique, 2 mars (Prensa Latina) Les États-Unis et l’Europe imposent un discours contre la Russie luis accordant toute la responsabilité de la crise en Ukraine mais en ignorant leur rôle dans l’apparition de la guerre contre laquelle les experts ont mis en garde, rapporte mercredi  La Jornada de Mexico.

Le journal insère une analyse de son correspondant à New York, David Brooks, qui explique comment les dirigeants politiques des États-Unis et de l’Europe ont fait l’oreille sourde aux avertissements de leurs propres stratèges géopolitiques qui les avertissaient face à une guerre inutile avec la Russie, comme celle qui est en cours.

Un bon nombre de personnes, des stratèges et architectes géopolitiques les plus renommés de la guerre froide ont mis en garde pendant des années contre une telle crise de guerre potentielle, car toute expansion de l’OTAN autour de la Russie, et notamment de l’Ukraine, depuis la fin de la guerre froide, serait intolérable pour n’importe quel dirigeant russe.

Il cite des personnalités qui ont mis en garde contre cette débâcle. George Kennan, l’un des architectes de la guerre froide, a écrit dans le New York Times en 1997 : « L’élargissement de l’OTAN serait l’erreur la plus fatale de la politique américaine de toute l’ère de l’après-guerre froide », car il pourrait « enflammer » les tendances nationalistes et militaristes de la Russie et conduire à « une restauration du climat de la guerre froide ».

Keenan, réagissant à la ratification par Clinton de l’expansion de l’OTAN en 1998, a exprimé sa tristesse : « Je pense que c’est le début d’une nouvelle guerre froide… Je pense que c’est une erreur tragique. Il n’y a aucune raison pour cela. Personne ne menaçait personne ».

Henry Kissinger, dans un article qu’il a écrit en 2014 pour le Washington Post, a réitéré son opposition à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et a prévenu que la question était trop souvent présentée comme une confrontation : il s’agit de savoir si l’Ukraine doit rejoindre l’Est ou l’Ouest. 

Mais si l’Ukraine doit survivre et prospérer, elle ne doit pas être l’avant-garde de l’un contre l’autre – elle doit fonctionner comme un pont entre eux. « Les États-Unis doivent éviter de traiter la Russie comme une entité aberrante à qui il faut apprendre les règles de conduite fixées par Washington.

Brooks souligne que Washington, sous Barack Obama, s’ingérait déjà dans les affaires intérieures de l’Ukraine en 2013-2014, où elle a soutenu un coup d’État contre un gouvernement pro-russe et contribué davantage à la détérioration des relations avec Moscou.

Robert Gates, secrétaire à la défense des gouvernements de George W. Bush et de Barack Obama, et William Perry, secrétaire à la défense de Clinton, ont dit que les États-Unis étaient en grande partie responsables de la détérioration des relations avec la Russie. Et même William Burns, actuel chef de la CIA de Biden, a averti qu’inviter l’Ukraine à rejoindre l’OTAN n’était « rien de moins qu’un défi direct aux intérêts russes ».

Ted Galen Carpenter, spécialiste des relations internationales au Cato Institute, un organisme conservateur, estime qu’il était tout à fait prévisible que l’expansion de l’OTAN conduise à une rupture tragique, voire violente, des relations avec Moscou. Les avertissements ont été ignorés. Nous payons maintenant le prix de la myopie et de l’arrogance de la politique étrangère américaine.

Noam Chomsky, qui a insisté sur le fait que la question fondamentale est de savoir pourquoi l’OTAN existe encore, insiste sur le fait  que « le Pacte de Varsovie et l’URSS ayant disparu l’OTAN n’a aucune raison d’exister ». Il affirme que la seule raison était d’assurer la « suprématie » des États-Unis dans l’alliance atlantique et que cela alimentait le conflit actuel. 

jcc/mem/lma

 
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